Le justicier de l’enfer : film d’action : thriller complet en français

Attachez vos étriers, cher lecteur, on part pour l’Italie de 1973 et celle des westerns spaghetti, où la poussière a un accent et où la vengeance se déguste froide, comme un espresso au fond du désert. Le Justicier de l’enfer (titre original : Il giustiziere di Dio) est de ces pépites méconnues que les amateurs de cinéma bis se refilent sous le manteau, un peu comme une carte au trésor tachée de tabac.

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Le pitch ? Du grand art simple et brutal. Tony Lang, interprété par le blond William Berger, fut jadis un pistolero redouté de tout l’Ouest. Mais la mort tragique de son enfant a fait basculer sa vie : il a rangé son colt et endossé la soutane. Devenu le père Lang, il sert Dieu paisiblement dans une mission… sans savoir que des lingots d’or : le fruit d’un vieux magot qui dort cachés sous les planchers même de son église. Et bien sûr, quand trois malfrats repèrent le butin, la paix du Seigneur prend vite une balle dans l’aile.

Car les « trois As » — une bande de bandits reconnaissables aux cartes peintes sur leurs foulards, menée par Frank (Donald O’Brien) et Ramon Orea (George Wang) ils ne sont pas des enfants de chœur. Évidemment. Quand la mission saute en mille morceaux avec ses occupants, Tony Lang ressuscite le tueur qui sommeillait sous la robe du prêcheur. Dieu pardonne ; Tony, lui, préfère l’exécution sommaire. D’où ce titre qui claque comme un coup de fouet : le Justicier de l’Enfer ne fait pas de procès, il rend ses verdicts au canon.

Franco Lattanzi signe ici un film à petit budget, tourné dans les studios romains de De Paolis, avec toute la poésie rugueuse de la série Z italienne : dialogues minimalistes, cadrages parfois hasardeux, mais une atmosphère de western crépusculaire indéniable. La musique de Piero Piccioni, le grand monsieur du genre qui apporte une élégance inattendue à l’ensemble, comme un gant de velours sur un poing de fer. Et William Berger, habitué des grandes heures du spaghetti (Sabata, Keoma), apporte à son prêtre gunfighter une mélancolie de chien errant qui vaut le détour.

Soyons honnêtes entre nous : Le Justicier de l’enfer n’a jamais convoité la Palme d’or. Le montage est approximatif, la mise en scène tantôt laborieuse, et certains raccourcis narratifs donnent le vertige. Mais c’est précisément ce charbon brut qui fait le sel de ces films-là. On ne les regarde pas comme on regarde un blockbuster : on les savoure comme une vieille bouteille de chianti ouverte trop tard donc imparfaite, mais pleine de caractère.

Pour les curieux de la grande époque du western méditerranéen, c’est un objet de collection : une tranche de cinéma artisanal, têtue et sincère, à cent lieues des usines à rêves hollywoodiennes. Franchement, un prêtre qui reprend du service les doigts sur la gâchette plutôt que sur le missel, c’est un concept qui ne refuse pas.

Alors, chaussez vos bottes, vérifiez vos barils, et installez-vous confortablement. Le film est disponible complet en français ici même. Que le Seigneur ait pitié des méchants : Tony Lang, lui, n’en a cure.

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