Arnaud Cosson : j ai été victime d’un mariage gris

Vous pensiez que le mariage gris ne concernait que les faits divers dramatiques et les reportages chocs du service public ? Détrompez-vous : Arnaud Cosson est là pour prouver qu’on peut aussi en mourir… de rire. Dans ce sketch devenu un classique de son passage chez Laurent Ruquier, le Malouin le plus élastique de l’humour français s’empare du sujet avec la finesse qu’on lui connaît : ni vulgarité ni méchanceté gratuite, juste un dérapage jubilatoire dans la sauce « à la Cosson ».

Will Smith dans un film d’action a l’américaine

Pour ceux qui arrivent tard (soyez les bienvenus quand même), Arnaud Cosson a commencé comme animateur dans les hôtels-clubs avant de monter à Paris en 2004 avec ses premiers sketchs. Depuis, ce fils de gendarme a écumé les scènes ouvertes, raflé le prix du public à Rocquencourt et le prix SACD au festival Juste pour Rire de Nantes, avant de devenir l’un des visages réguliers de l’émission On n’demande qu’à en rire. Et c’est justement là, le 21 juin 2012, qu’il présente son 38ᵉ passage : « J’ai été victime d’un mariage gris ». Un titre ambigu, un homme seul en scène, et 82 points au tableau qui attestent que le jury, lui non plus, n’est pas resté de marbre.

Le principe est simple et diablement efficace, comme toujours chez Cosson : un type ordinaire raconte sa vie de victime. Car oui, dans son univers, les antihéros sont légion et le braqueur raté, le CRS en formation, la boulangère peau de vache et le rescapé du mariage gris s’inscrit parfaitement dans cette galerie de bras cassés adorables. Le personnage s’indigne, se débat, exagère, et le public se reconnaît un peu, honteusement, dans ce témoignage complètement à l’ouest. C’est tout le talent de Cosson : transformer une information glanée dans un journal télé en tragi-comédie du quotidien, portée par un visage aux mimiques infinies et un corps qui semble piloté par un moteur de mobylette.

Ce qui frappe, c’est la justesse du ton. Là où d’autres auraient enfoncé des portes ouvertes ou versé dans la caricature facile, Cosson doser son propos comme un pâtissier ses grammes de sucre. L’humour est corrosif mais jamais agressif, décalé mais jamais gratuit. On rit, puis on rit encore, et on se surprend à répéter une réplique le lendemain au bureau cela signe infaillible d’un sketch réussi.

Revoir ce passage aujourd’hui, c’est aussi mesurer le chemin parcouru : après « Tout est bon dans le Cosson » et « Le Syndrome de la page blanche », l’homme continue de tracer sa route entre one-man-shows et théâtre, toujours fidèle à ses personnages pétés du casque. Mais entre nous, c’est peut-être dans ces passages télés qu’il est le plus incisif : cinq minutes, une idée, zéro filet, et un public conquis.

Alors installez-vous confortablement, montez le son et laissez-vous conter l’histoire d’un homme qui a tout donné, enfin, surtout beaucoup souffert, paraît-il et pour notre plus grand plaisir. Un conseil : ne buvez pas de café pendant le visionnage, votre clavier vous remerciera. Et si jamais vous aussi vous vous sentez victime d’un mariage gris, pas de panique : chez Arnaud Cosson, c’est une maladie qui se soigne… au rire.

Bonne séance sur mesdelires.com et n’oubliez pas de laisser un commentaire, ça fait toujours plaisir !

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