Pour Mosaab Baba, journaliste soudanais, “les médias occidentaux ne couvrent pas assez la situation”

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre civile dévastatrice opposant l’armée régulière aux Forces de soutien rapide (RSF). Pourtant, malgré l’ampleur de la catastrophe humanitaire – des millions de déplacés, des villes rasées, des massacres documentés – la couverture médiatique occidentale reste maigre, voire inexistante. Mosaab Baba, journaliste et analyste soudanais, dénonce cette indifférence et appelle à une prise de conscience internationale.

Un conflit oublié

Mosaab Baba, connu pour ses analyses percutantes sur la géopolitique soudanaise, souligne que le Soudan est victime d’un double abandon : celui des puissances internationales et celui des médias. « On peut voir le sang au Soudan depuis l’espace, mais les caméras ne s’y tournent pas », déclare-t-il dans une récente interview. Pourtant, les chiffres sont accablants : plus de 15 000 morts, 8 millions de déplacés, et des régions entières coupées de toute aide humanitaire.

Les raisons d’un silence assourdissant

Pourquoi un tel désintérêt ? Baba pointe plusieurs facteurs. D’abord, la complexité du conflit, souvent réduit à une simple guerre ethnique, alors qu’il s’agit d’une lutte pour le pouvoir, les ressources et l’influence régionale. Ensuite, l’absence d’enjeux stratégiques directs pour l’Occident, contrairement à l’Ukraine ou à Gaza, qui captent l’attention médiatique. Enfin, le rôle des puissances du Golfe, comme les Émirats arabes unis, qui soutiennent les RSF et dont les intérêts économiques et géopolitiques au Soudan sont rarement questionnés.

L’urgence d’une mobilisation

Face à ce silence, Mosaab Baba appelle les journalistes, les chercheurs et les citoyens à briser l’omerta. « Le Soudan n’est pas une crise parmi d’autres, c’est la pire crise humanitaire au monde aujourd’hui », insiste-t-il. Il encourage la diffusion d’informations vérifiées, le soutien aux médias locaux et la pression sur les gouvernements pour qu’ils agissent.

Que faire ?

Chacun peut contribuer : partager des articles, soutenir les ONG locales, exiger des reportages approfondis. Comme le rappelle Baba, « l’indifférence tue autant que les balles ».

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