Les boomers et les réseaux sociaux, c’est un peu comme mélanger de l’huile et de l’eau en espérant obtenir une vinaigrette : on se retrouve souvent avec une mayonnaise qui prend mal. Amandine Lourdel, avec son humour aussi tranchant que tendre, aurait de quoi s’amuser. Entre les stories Instagram qu’ils ne savent pas ouvrir, les memes qu’ils prennent au premier degré, et les commentaires en majuscules suivis de trois points d’exclamation, les seniors sur les réseaux sont une mine d’or comique.
Pourtant, il y a quelque chose de touchant dans leur façon de s’accrocher à ces outils conçus pour des générations nées avec un smartphone dans la main. Les boomers, eux, ont connu l’époque où pour partager une photo, il fallait attendre le développement du film, puis courser ses amis avec un album sous le bras. Aujourd’hui, ils postent des selfies devant leur assiette en taguant leurs petits-enfants, convaincus que le monde entier attend ce cliché de leur steak-frites. Et quand ils découvrent les filtres, c’est la crise existentielle : « Mais pourquoi est-ce que j’ai l’air d’un chat sur cette photo ? »
Pire encore, les débats en ligne. Un boomer sur Facebook, c’est un peu comme un taureau dans une arène : il charge, il s’obstine, et il ne recule jamais. Les fake news ? Ils les partagent avec la même conviction que s’ils avaient vu l’info à la télé en 1985. Les trolls ? Ils répondent avec une politesse désarmante, comme s’ils invitaient leur pire ennemi à prendre le thé. Et les emojis ? Une énigme. « C’est quoi ce smiley qui pleure en riant ? Est-ce qu’il est triste ou content ? »
Pourtant, il ne faut pas se moquer trop vite. Car derrière ces maladresses se cache une vraie volonté de rester connectés, de comprendre ce monde qui file à toute vitesse. Et puis, avouons-le, leur façon de commenter nos posts avec des « Bravo mon petit ! » ou « Tu es très belle sur cette photo (même si on voit à peine ton visage) » a quelque chose de réconfortant. C’est comme un câlin numérique, un peu maladroit, mais sincère.
Alors oui, les boomers et les réseaux sociaux, c’est parfois le clash. Mais c’est aussi la preuve que l’humour et l’affection n’ont pas d’âge. Et si Amandine Lourdel en faisait un sketch, on rirait jaune… mais on rirait quand même.