Olivier de Benoist : Bugarach, pour échapper à la fin du Monde

En 2012, alors que la planète retenait son souffle à l’idée d’une apocalypse annoncée par le calendrier maya, un petit village des Pyrénées, Bugarach, est devenu, sans le vouloir, la capitale mondiale des survivants. Et au milieu de ce délire collectif, un homme, Olivier de Benoist, a su transformer cette psychose en une histoire aussi savoureuse qu’instructive.

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Le Bugarach, une montagne pas comme les autres

Avec ses 1 230 mètres d’altitude, le pic de Bugarach n’a rien d’un géant. Pourtant, des rumeurs tenaces lui prêtaient des pouvoirs extraordinaires : certains y voyaient un vaisseau extraterrestre caché sous la roche, prêt à décoller pour sauver l’élite le jour J. D’autres, plus poétiques, imaginaient une porte vers une autre dimension. Résultat ? Des milliers de personnes, des quatre coins du monde, ont afflué vers ce coin paumé de l’Aude, convaincues d’y trouver la salut.

Les habitants, d’abord amusés, puis exaspérés, ont vu leur tranquillité bouleversée par une invasion de survivalistes, de journalistess et de curieux en quête de sensations fortes. Les gîtes étaient complets, les routes embouteillées, et les prix des denrées locales… astronomiques.

Olivier de Benoist : le chroniqueur malicieux de l’absurde

C’est dans ce contexte que Olivier de Benoist, humoriste et écrivain, a posé ses valises (et son ironie) à Bugarach. Dans son livre « Bugarach, la fin du monde pour les nuls », il raconte avec un humour décapant cette folie collective. Pas de ton moralisateur, pas de moquerie méchante, mais une plongée tendre et drôlatique dans les travers humains : la crédulité, la peur de l’inconnu, et cette capacité incroyable à transformer une simple montagne en mythe moderne.

De Benoist ne se contente pas de rire des théories du complot. Il décrypte avec finesse pourquoi, en période d’incertitude, l’homme a besoin de croire à quelque chose – fut-ce au pied d’une montagne pyrenéenne. Et il le fait avec une élégance qui rappelle que le rire est souvent la meilleure arme contre l’absurdité.

2012 : et après ?

Le 21 décembre 2012, le monde ne s’est pas arrêté. Le Bugarach, lui, est retourné à sa quiétude, et les habitants ont pu enfin souffler. Mais l’histoire, elle, reste. Elle nous rappelle que la fin du monde est un éternel recommencement – et que chaque époque a ses propres peurs, ses propres folies.

Olivier de Benoist, lui, en a fait un récit intemporel. Parce qu’au fond, que ce soit en 2012, en 2026 ou dans cent ans, l’humanité aura toujours besoin de montagnes, de mythes… et de fous rires.

Et toi, cher lecteur, tu aurais fait le déplacement pour le Bugarach en 2012 ?

1 Comment

  1. Jose2606

    Ah, Bugarach… Ce petit village qui a failli devenir le Disneyland des survivalistes !

    L’article est hilarant, et Olivier de Benoist a su capturer l’absurdité de cette époque avec une justesse qui fait du bien. Entre les extraterrestres sous la montagne et les prix des gîtes qui s’envolent, on se croirait dans un épisode des Shadoks… mais en version « fin du monde ».
    Ce qui est fascinant, c’est que cette histoire résume à elle seule notre rapport à l’irrationnel : on rit des autres, mais au fond, on a tous un peu envie d’y croire. Merci pour ce voyage dans le délire collectif – et vive les montagnes qui sauvent (ou pas) l’humanité !
    (Petite question existentielle : si c’était à refaire en 2026, est-ce qu’on aurait droit à une version « Bugarach 2.0 » avec des influenceurs et des NFTs ? )

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