Il y a des sujets qui, à première vue, ne font rire personne. L’allergie aux pollens de bouleau, par exemple, c’est le genre de thème qui sent bon la consultation médicale un mardi matin. Mais quand on s’appelle Artus et qu’on a l’art de transformer l’insignifiant en pépite comique, même un arbre devient un partenaire de scène. C’est exactement ce que le public a découvert dans le sketch « Je suis allergique aux bouleaux », diffusé en avril 2014 dans l’émission « On n’demande qu’à en rire », présentée alors par Bruno Guillon sur France 2.
Le principe de l’émission tenait du saut dans le vide : un humoriste se voyait imposer un sujet, parfois complètement absurde, et devait en tirer un sketch de qualité. Avec les bouleaux, Artus a pris le défi à bras-le-corps et à voix cassée, s’il faut tout vous dire. Car l’astuce du comédien, c’est de jouer l’allergie au premier degré : éternuements incontrôlables, gorge qui gratte, yeux qui pleurent, le tout surgi au pire moment possible. Le malheur du personnage devient une mécanique du rire, chacun des symptômes arrivant comme un ressort qui relance le sketch au moment où l’on croit qu’il s’essouffle.
Ce qui frappe dans cette prestation, c’est le physique d’Artus. L’humoriste a toujours eu ce jeu de corps désopilant, cette manière de se tordre, de se plier, de traverser l’écran avec une énergie de cartoon en chair et en os. Face à lui, le plateau de l’émission a souvent eu du mal à garder son sérieux : les fou rires des autres humoristes et de l’équipe sont presque aussi contagieux que l’allergie du personnage. Bruno Guillon lui-même n’y échappait pas toujours.
Au-delà du gag, ce sketch raconte quelque chose du talent d’Artus : cette capacité à partir d’un détail minuscule et à construire un univers entier dessus. C’est la marque des grands humoristes et transformer le quotidien le plus gris en une avalanche de fous rires. Et c’est sans doute pour ça que, plus de dix ans après sa diffusion, « Je suis allergique aux bouleaux » continue de circuler sur le web, partagé, commenté, ressorti à chaque saison des pollens comme un rituel de printemps.
On connaît la suite de l’histoire : Artus a depuis enchaîné les one-man-shows à succès, panégyriques télévisuels, salles combles et passages mémorables dans les plus grandes émissions. Mais ceux qui l’ont suivi depuis le début gardent une tendresse particulière pour ces débuts à l’ONDAR, où un jeune comique prouvait, sujet imposé après sujet imposé, qu’il pouvait tout faire rire même un arbre.
Alors si vous n’avez jamais vu ce sketch, ou si les pollens de bouleaux vous terrassent chaque mois d’avril, vous tenez là la parfaite revanche du rire sur le rhume des foins. Un conseil : ne le regardez pas en plein épisode d’allergie, vous risqueriez d’éternuer de rire. Et si le sketch vous a plu, dites-le en commentaire ci-dessous et le remède le plus efficace contre le pollen, c’est encore le fou rire partagé.