Il peut affronter la guerre, mais peut-il affronter la vie civile ? C’est toute la question que pose Dog, le film de 2022 porté par un Channing Tatum aussi tendre que musclé. Ancien Ranger de l’armée américaine, Jackson Briggs traverse une passe difficile : marqué par ses missions, jugé inapte au combat, il enchaîne les shifts dans une épicerie et rêve de retrouver l’uniforme. Jusqu’au jour où on lui confie une dernière mission bien particulière : escorter Lulu, un berger belge malinois décoré pour ses services sur le front, aux funérailles de son ancien maître, leur meilleur ami commun.
Direction la côte Pacifique, à bord d’un Ford Bronco de 1984, pour un voyage express dont rien et absolument rien et ne se passera comme prévu. Entre Lulu qui dévore le siège arrière, Briggs qui négocie sa réintégration auprès d’un ancien supérieur, et une multitude d’imprévus savoureux (et parfois fous), ce road movie tient la promesse de son titre : comédie et action au menu, avec une belle dose d’émotion en dessert.
Un duo imparfait, une complicité parfaite
Le charme du film tient à l’alchimie entre cet homme cabossé et ce chien à la mâchoire d’acier. Deux vétérans de guerre, en somme : l’un humain, l’autre à quatre pattes, tous deux marqués par ce qu’ils ont vécu au Moyen-Orient. Briggs et Lulu se jaugent, se supportent, se fâchent… puis s’apprivoisent. Et c’est là que Dog devient vraiment touchant : derrière les gags et les cascades, le film parle du deuil, du stress post-traumatique et de la reconstruction. Oui, on rit beaucoup. Non, on ne sort pas les yeux secs.
Saluons aussi la performance des vraies stars : Britta, Lana 5 et Zuza, les trois berger belge malinois issus d’un élevage de chiens de guerre, qui volent la scène à leur partenaire humain avec une déconcertante facilité.
Une première réussie derrière la caméra
Dog marque les débuts de Channing Tatum à la réalisation, en duo avec Reid Carolin, son complice de longue date. Le résultat est honnête et sincère : une mise en scène sans flafla, au service d’une histoire simple mais efficace, portée par un scénario équilibré où l’humour ne masque jamais l’émotion. La critique a d’ailleurs plutôt applaudi (76 % d’opinions favorables sur Rotten Tomatoes), et le public a suivi : pour un film tourné avec un budget de 15 millions de dollars, le succès fut réel, porté par le bouche-à-oreille.
Petit détail qui donne des larmes : le film est dédié à Lulu, la chienne de Channing Tatum, décédée d’un cancer. Comme son personnage, l’acteur avait fait un road trip avec son chien avant son départ. Difficile de faire plus personnel.
En résumé
Avec Dog, on croit s’engager dans une comédie animalsière facile, et on ressort avec une pépite sur l’amitié, la loyauté et le deuil et le tout emballé dans de l’action rythmée et des répliques bien senties. C’est le genre de film qui donne envie de serrer son chien un peu plus fort en rentrant.
Disponible sur Amazon Prime Video en France, Dog (1 h 36) est le compagnon idéal pour une soirée cinéma : du rire, du mouvement, du cœur. Et une leçon qui résume tout : parfois, c’est un chien de guerre qui nous ramène à la vie.