Ce vendredi 24 avril 2026, l’église Saint-Sulpice à Paris a vibré sous le poids de l’émotion et des souvenirs. Des centaines de personnes, parmi lesquelles les plus grandes figures du cinéma français, se sont réunies pour rendre un dernier hommage à Nathalie Baye, disparue à 77 ans des suites de la maladie à corps de Lewy. Parmi elles, Mathilde Seigner, visiblement bouleversée, a marqué les esprits par sa présence et ses mots poignants. « C’est toute une génération qui s’en va », a-t-elle confié, résumant en une phrase l’ampleur de la perte pour le monde artistique et bien au-delà.
Mathilde Seigner et Nathalie Baye partageaient une relation unique, presque filiale. La première avait souvent évoqué le fait que la seconde la considérait comme sa « deuxième fille ». Leur histoire, faite de complicité et d’affection, avait cependant connu des haut et des bas, notamment une dispute qui les avait éloignées pendant plusieurs années. « On s’était engueulées », a-t-elle admis avec franchise, avant d’ajouter, la voix tremblante : « C’était l’occasion de renouer, mais je me suis aperçue que ça n’allait déjà plus très bien quand elle ne m’a pas reconnue tout de suite ». Ces mots, simples et brutaux, illustrent la cruauté de la maladie qui a emporté l’actrice, mais aussi la profondeur du lien qui les unissait.
La cérémonie, sobre et recueillie, a été l’occasion pour les proches de Nathalie Baye de célébrer à la fois la femme et l’artiste. Laura Smet, sa fille, a dressé un portrait touchant de sa mère, soulignant sa générosité, sa tendresse et sa force de caractère. « Elle s’est toujours occupée des autres plus que d’elle-même », a-t-elle déclaré devant l’assistance, rappelant que Nathalie Baye était avant tout une personne « vraie, juste et solide ». Ces qualités, qui ont marqué tous ceux qui l’ont connue, transparaissaient dans les témoignages et les regards échangés entre les invités.
Mathilde Seigner, avec son sac à dos Disney en bandoulière – un détail qui a surpris certains –, a symbolisé à elle seule le mélange de légèreté et de gravité qui caractérisait Nathalie Baye. Ce choix vestimentaire, en apparence décalé, a rappelé que l’actrice aimait la vie, la fantaisie, et qu’elle savait aussi ne pas se prendre au sérieux. « Elle m’a donné tellement d’amour, tellement de force. Elle m’a relevée quand j’étais par terre, moi et beaucoup d’autres », a confié Laura Smet, résumant l’héritage humain laissé par sa mère.
Les obsèques de Nathalie Baye ont donc été bien plus qu’un adieu : une célébration de l’héritage d’une femme qui a marqué le cinéma français, mais aussi le cœur de ceux qui l’ont côtoyée. Pour Mathilde Seigner, comme pour tant d’autres, c’est une page qui se tourne, celle d’une époque où le 7e art était porté par des personnalités aussi talentueuses qu’humaines. « C’est toute une génération qui s’en va », a-t-elle murmuré, et ces mots résonnent comme un écho à l’émotion collective de ce jour.