Amoureux du cinéma d’action, attachez vos ceintures ! Sakra, la légende des demi-dieux débarque comme un souffle épiqué venu de Hong Kong, porté par un Donnie Yen en pleine forme qui ne se contente pas de briller à l’écran : il réalise aussi le film, retour derrière la caméra attendu depuis près de vingt ans (AlloCiné, Baz’art).
L’histoire
Nous voici au Xᵉ siècle, en Chine, où deux puissances ennemies s’affrontent : les Song, dynastie royale, et les Khitan, peuple nomade guerrier. Au cœur de ce conflit, Qiao Feng, chef charismatique du clan des Beggars, est un maître en arts martiaux respecté de tous. Mais sa vie bascule lorsqu’il est accusé à tort d’avoir assassiné un chef rival. Trahi, traqué, il s’embarque alors dans une quête vertigineuse pour prouver son innocence… et découvrir la vérité sur ses mystérieuses origines.
Un pari audacieux

Sakra est l’adaptation du monument littéraire « Demi-dieux et semi-démons » de Jin Yong l’équivalent chinois d’Alexandre Dumas, un roman fleuve publié en feuilleton entre 1963 et 1966, réputé inadaptable tant il est long et touffu. Donnie Yen s’attelle pourtant à la tâche avec une sincérité désarmante. Le résultat ? Une fresque inégale mais grisante : en voulant condenser des décennies d’intrigue en 2h10, le film souffre parfois d’une dramaturgie embrouillée et d’une avalanche de rebondissements qui auraient mérité le double du métrage.
Mais quel spectacle !

Car c’est bien là l’essentiel : les combats sont somptueux. Chorégraphiés par Yen lui-même et son équipe, ils rivalisent avec les grandes heures de Yuen Woo-Ping et Ching Siu-Tung, ces maîtres du genre. Coups fulgurants, voltiges surnaturelles, fils invisibles et pouvoirs flamboyants : chaque joute est une danse mortelle d’une beauté rare . Visuellement, le film flirte avec les estampes orientales et rappelle les fresques de Zhang Yimou, Tigre et Dragon en tête.
À presque 60 ans, Donnie Yen prouve qu’il reste une force de la nature, lui qu’on a récemment croisé dans Rogue One, Mulan et John Wick 4. À ses côtés, on retrouve Yuqi Chen, Cya Liu et la vétérane Wai Ying Hung dans une distribution solide.
Verdict

Sakra, la légende des demi-dieux n’est pas parfait, mais c’est un vibrant hommage au wu xia pian, ce genre de films de sabre tombé en désuétude et que Yen ressuscite avec cœur. Laissez-vous porter par ses combats virevoltants plutôt que par sa trame déroutante : vous passerez un excellent moment. Pour les fans d’arts martiaux, c’est une évidence pour les curieux, une belle porte d’entrée vers le grand cinéma chinois.