Il n’y a encore pas si longtemps, le soldat robotisé appartenait au rayon science-fiction de nos vidéothèques. Terminator faisait peur au cinéma, pas dans les états-majors. Or, depuis 2026, la fiction a quitté l’écran pour rejoindre les champs de bataille ou presque. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le scénario dépasse les prédictions les plus sombres.
L’Amérique s’y met sérieusement
En septembre 2026, l’armée américaine a dévoilé les cinq lauréates de son concours xTechHumanoid, après des démonstrations en conditions réelles à la base des Marines de Quantico. Sur 103 propositions initiales, dix finalistes ont été passées au crible ; cinq entreprises ont été retenues, dont le fameux robot « Alex », doté d’une protection balistique autrement dit, un humanoïde conçu pour encaisser des balles à la place des soldats. L’objectif affiché : confier aux machines les missions à haut risque, logistique en zone contaminée, reconnaissance, évacuation de blessés, sans envoyer de chair à canon. Enfin, de chair tout court.

L’Ukraine, laboratoire grandeur nature
C’est sur le front ukrainien que la robotique militaire a franchi un pas historique. En février 2026, la société américaine Foundation Future Industries y a envoyé deux robots humanoïdes Phantom MK-1 : 1,75 mètre, 80 kilos, capables de manipuler des armes conçues pour des mains humaines. Première mondiale : un humanoïde évalué sur un champ de bataille actif. Dans le même temps, les robots terrestres ukrainiens ont réalisé environ 24 500 missions au premier trimestre 2026, essentiellement de la logistique : livrer des munitions, ravitailler, secourir. En avril 2026, Volodymyr Zelensky annonçait même la prise d’une position ennemie sans un seul soldat sur place, uniquement par robots et drones. Les machines ne dansent plus : elles opèrent.

La Chine ne regarde pas passer le train
Selon une enquête de Reuters, l’armée chinoise multiplie appels d’offres, tests et brevets pour préparer ses humanoïdes au combat urbain. Le géant d’État Norinco a présenté son humanoïde Fuxi, présenté comme apte à la surveillance, à la reconnaissance tous temps et aux missions dangereuses. Détail qui donne le vertige : les fabricants chinois auraient représenté plus de 97 % des livraisons mondiales d’humanoïdes au premier semestre 2026. Les robots qui dansaient le hip-hop lors des compétitions de Pékin cet été pourraient bientôt patrouiller une frontière.

Des questions qui dérangent
Reste l’essentiel : personne ou presque ne veut de machines tuant de façon autonome. Les discussions à l’ONU sur les « armes létales autonomes » piétinent, bloquées notamment par les États-Unis et la Russie. L’énergie reste le talon d’Achille de ces bipèdes blindés, et le contrôle humain demeure, pour l’heure, la règle. Mais l’histoire militaire nous a appris une chose : ce qui est techniquement possible finit tôt ou tard par être déployé.
La vraie question n’est donc plus « verrons-nous un jour des robots soldats ? » mais « qui les contrôlera ? ». À défaut de réponse, le monde industriel avance, les budgets grimpent, et la course bat son plein. Merci de rester attentifs : ce n’est plus du cinéma, c’est la une des magazines de défense.