répression contre les lycéens : les preuves d’une violence inouïe

Ils voulaient des profs, des locaux dignes, un avenir qui ne ressemble pas à un fichier Parcoursup. On leur a répondu avec des grenades, des LBD et des matraques. Depuis le 17 septembre, la France vit au rythme d’un mouvement lycéen sans précédent, et la facture se paie en dents cassées, en yeux perdus et en enfance brisée.

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Les chiffres donnent le vertige. Au 7 octobre, on comptait déjà 6 629 interpellations et plus de 5 000 gardes à vue : dont 87 % de mineurs. Pour comparaison, les Gilets jaunes, en un an de mobilisation, avaient généré 6 730 gardes à vue. Ici, il a fallu trois semaines. Trois semaines pour égaler un an de crise sociale, et c’est la jeunesse du pays qui trinque.

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Les preuves, elles, s’accumulent et glacent le sang. À Tours, un manifestant de 16 ans a été éborgné par un tir de LBD le 1er octobre. À Lens, le 5 octobre, un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade EF-SON. À Alençon, une vidéo montre une collégienne de 14 ans attrapée par le cou par un policier devant son établissement. Des témoignages recueillis par la presse parlent de plaquages ventraux, de clés d’étranglement, de gaz lacrymogènes tirés à bout portant : tout ça sur des adolescents.

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Les organisations de défense des droits humains tirent la sonnette d’alarme, et elles ne sont pas des plus radicales : Amnesty International parle de « répression policière disproportionnée », la Ligue des droits de l’Homme dénonce « une dérive globale par rapport à l’État de droit », la FIDH et l’OMCT documentent des « mutilations liées à l’usage d’armes de guerre ». Même la CNCDH, pourtant conseillère du gouvernement, met en garde contre une « répression exacerbée » qui consisterait à assimiler tout le mouvement aux violences de quelques casseurs.

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Car c’est bien là le nœud du récit officiel. Le Premier ministre réfute toute « répression policière », parle d’« accidents », et le ministre de l’Intérieur averti qu’il n’y a « aucune consigne de retenue » sur l’armement intermédiaire. Autrement dit : LBD, grenades et tasers restent autorisés face à des cortèges remplis d’enfants de 15 ans. Pendant ce temps, des députés réclament l’interdiction des armes mutilantes contre les mineurs, et une pétition déposée à l’Assemblée nationale demande la fin des techniques d’immobilisation à risque d’asphyxie.

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Et le monde regarde. Des syndicats italiens s’indignent, l’Iran convoque notre ambassadeur : ironie du sort et Greta Thunberg est venue se poster devant un lycée de Saint-Denis pour dire sa fierté envers les étudiants français. Des parents s’organisent en collectifs, des avocats se postent devant les grilles, des profs manifestent avec leurs élèves « par peur de la police aussi ».

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Oui, il y a eu des violences en marge des cortèges, des lycées brûlés, des enseignants agressés : elles sont condamnables et personne de sérieux ne les excuse. Mais quand l’État répond à une génération qui réclame des moyens pour apprendre en la mutilant, il ne maintient plus l’ordre : il envoie un message. Et ce message, des milliers de jeunes l’ont reçu en pleine face.

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