Non vraiment, chut

Publié le 19 octobre 2026 sur sa chaîne YouTube, l’extrait « No, really, hush.» traduisons généreusement « Non mais chut, vraiment » illustre à merveille ce que Karine Dubernet sait faire de mieux : partir d’un rien, d’un geste anodin, d’une phrase que tout le monde a déjà entendue (ou prononcée), et le transformer en fable hilarante sur nos petites lâchetés quotidiennes.

l’histoire de ce jeune prodige est touchante
Une comédienne du réel

Rappelons d’abord de qui on parle. Karine Dubernet n’est pas une inconnue du paysage humoristique français. Autrice, comédienne et humoriste, elle s’est fait connaître grâce à ses chroniques sur Paris Première et Rire & Chansons dont sa fameuse « Minute impertinente » avant de conquérir le Festival Off d’Avignon avec son seule-en-scène Perlimpinpin, coécrit avec Carole Greep et Stéphane Rose et mis en scène par Marc Pistolesi. Elle prépare aujourd’hui Carabistouilles, une satire politique sur la démocratie. Bref : une plasticienne du verbe, du non-dit et de l’angle mort collectif.

De quoi parle cet extrait ?

Le titre pose le décor en trois mots et un émoji : quelqu’un supplie quelqu’un d’autre de se taire. Et on connaît tous la scène. Le téléphone qui sonne au cinéma, la conversation à voix haute dans le wagon silencieux, la tante qui raconte sa chirurgie pendant les vœux du Nouvel An. Ce « chut » polti : d’abord doucereux, puis de plus en plus désespéré est l’un des derniers grands tabous sociaux : celui qui ose le prononcer devient instantanément le coupable, et non celui qui parle depuis vingt minutes à tue-tête.

Non vraiment, chut

C’est exactement le terrain de jeu de Dubernet : ce petit théâtre de la gêne où la politesse française se déchire en direct. Son art tient dans la précision de l’observation : un froncement de sourcil, un silence trop long, une voix qui passe du chuchotement au cri et dans cette écriture ciselée qui fait mouche sans jamais humilier. Elle rit des mécanismes, pas des gens. C’est ce qui rend ses sketchs si universels : on se reconnaît dans chacun des personnages, y compris dans celui qu’on voudrait être sûr de ne pas être.

Un succès qui ne se dément pas

À quelques heures de sa mise en ligne, la vidéo avait déjà dépassé les 27 000 vues : un joli coup d’éclat pour une chaîne qui compte plus de 70 000 abonnés et alimente régulièrement les écrans avec des perles comme « 4 jours non-stop de lèche » ou « It’s going to be a wild ride ». Preuve que la recette fonctionne : des formats courts, un titre qui intrigue, et toujours cette énergie de one-woman-show portée par une comédienne qui joue les mouvementées comme personne.

Pourquoi il faut le voir

Cet extrait, c’est une parenthèse de deux minutes qui dit beaucoup sur notre époque : celle du bruit permanent, où réclamer le silence est devenu un acte presque subversif. Dubernet le confirme : le rire le plus efficace naît rarement de l’extraordinaire. Il naît du chut qu’on n’a pas osé dire.

Non vraiment, chut

À voir sur YouTube, et en vrai sur scène : elle se produit à Paris et en tournée : renseignements sur sa page beacons. Non mais vraiment, chut… et allez-y.

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