Macron : explosion

Accrochez vos ceintures, chers lecteurs : le mot « explosion » n’a jamais été aussi bien choisi. Alors que la guerre au Moyen-Orient fait flamber les cours du pétrole et du gaz, les prix à la pompe explosent littéralement dans toute l’Europe — et en France en particulier. Au point qu’Emmanuel Macron a sorti sa plume, s’il vous plaît, pour écrire directement à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Une lettre qui sent le rouge d’alerte.

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Ce que demande Macron

Dans ce courrier remis début cette semaine, qualifié d’« initiative personnelle » par l’Élysée, le président de la République demande plusieurs assouplissements des règles européennes pour « renforcer » nos capacités d’importation et de production de carburants à court terme. En clair : desserrer le garrot, et vite.

Macron : explosion

Premier point : un assouplissement des standards européens sur la qualité des carburants — masse volumique, densité, désulfurisation. Selon l’Élysée, ce serait jusqu’à 5 à 20 % de production en plus. Un précédent existe : la Commission avait déjà accepté ce genre de dérogation pendant le Covid.

Macron : explosion

Deuxième point : un assouplissement des limites d’incorporation de biocarburants, notamment dans le gazole, pour dégager des marges supplémentaires d’approvisionnement.

Macron : explosion

Troisième point, et le plus contesté : le report d’un an du règlement européen sur les émissions de méthane, ce gaz extrêmement polluant qui doit être surveillé et déclaré par les importateurs à partir de janvier 2027. Une balayette climatique qu’on repousse pour éponger l’incendie énergétique.

Bruxelles prudent, les ONG en colère

La Commission a assuré « examiner très attentivement » les propositions françaises, sans rien promettre. Et côté écologistes, ça grince fort. Retarder la loi sur le méthane « ne fera pas baisser les prix de l’énergie » ni améliorer la sécurité énergétique, mais créera de « l’incertitude », fustige Léa Pilsner, de l’Environmental Defense Fund Europe, pour qui c’est une mesure poussée par « certaines composantes de l’industrie des énergies fossiles ». L’Élysée répond que les mesures d’urgence ne doivent pas interférer avec le long terme — l’électrification et la diversification des approvisionnements restent la boussole.

Une grogne européenne

La France n’est pas seule dans la tempête. Au Portugal, le gazole a franchi cette semaine le seuil record de 2,22 euros le litre, et l’essence tourne autour de 2,11 euros. Résultat : opération escargot de près de 500 poids lourds près de Porto, concert de klaxons sur les ponts de Lisbonne, un ministre de l’Économie qui appelle les ménages à « tout faire » pour réduire leur consommation — et des taxes déjà baissées depuis mars pour amortir les chocs.

Le fond du délire

C’est tout le paradoxe de cette crise : pour calmer les prix à la pompe, on demande à l’Europe de desserrer ses règles climatiques, pendant que les ONG crient au scandale. Urgence du portefeuille ou urgence climatique — les gouvernements européens jonglent avec deux bombes à retardement, un puis de pétrole dans chaque main. La Commission a d’ailleurs déjà acté en juillet le report de trois ans des amendes prévues par le règlement méthane.

Affaire à suivre. En attendant, faites le plein… d’opinions dans les commentaires !

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