Le Braquage du Siècle (2017)
Sorti en 2020 en Argentine et en 2021 en France, « Le Braquage du siècle » (El robo del siglo) est un film qui s’inspire d’un fait divers aussi audacieux qu’inattendu : le braquage de la banque Banco Río à Acassuso, en banlieue de Buenos Aires, en janvier 2006. Réalisé par Ariel Winograd, ce polar comique retrace l’histoire vraie d’un groupe de cambrioleurs qui, armés de fusils factices et d’une dose d’humour, ont réussi à dévaliser une centaine de coffres pour un butin estimé à 15 millions de dollars, sans violence et avec une ingéniosité qui a marqué l’histoire criminelle argentine.
Un braquage hors norme
L’idée du braquage germe dans l’esprit de Fernando Araujo, un professeur d’arts martiaux sans antécédents judiciaires, un soir de pluie. Alors qu’il observe un mégot de cigarette s’engouffrer dans une bouche d’égout, il réalise que les égouts passent juste sous la banque Río. Avec une équipe de complices aussi éclectiques que talentueux, il élabore un plan roboratif : creuser un tunnel depuis les égouts pour accéder directement à la salle des coffres. Le 13 janvier 2006, six hommes, armés de répliques d’armes en plastique, s’introduisent dans la banque et prennent en otage les employés. Pendant que la police, alertée, encercle les lieux, les braqueurs vident méthodiquement les coffres, puis s’évanouissent dans la nature avec leur butin, laissant derrière eux des otages sains et saufs et des policiers médusés.
Un film entre comédie et polar
« Le Braquage du siècle » n’est pas un simple film de casse. C’est avant tout une comédie humaine, portée par un casting exceptionnel (Guillermo Francella, Diego Peretti) qui incarne des personnages attachants, drôles et profondément humains. Le réalisateur Ariel Winograd s’amuse à jouer avec les codes du genre : préparation minutieuse, rebondissements, et une tension palpable malgré l’absence de violence. Le film, adapté du livre Sin armas ni rencores du journaliste Rodolfo Palacios, met en lumière l’audace et l’esprit de rébellion de ces « Robins des bois modernes », perçus par une partie de la population argentine comme des héros ayant défié un système bancaire souvent critiqué.
Réception critique et succès public
Le film a été salué pour son rythme enlevé, son humour et son interprétation. Les critiques soulignent la qualité des dialogues, la mise en scène inventive et l’absence de temps mort. « Le Braquage du siècle » est devenu l’un des plus gros succès du cinéma argentin, attirant plus de deux millions de spectateurs. Les spectateurs et la presse ont apprécié son ton décalé, son absence de prétention et son côté « feel-good movie », tout en reconnaissant qu’il ne révolutionne pas le genre. Le film a également été comparé à des classiques comme Ocean’s Eleven ou La Casa de Papel, dont il aurait inspiré les scénaristes, bien que cela n’ait jamais été confirmé.
Un héritage culturel
Au-delà de son succès commercial, « Le Braquage du siècle » a marqué les esprits par son approche non violente et son message social. Fernando Araujo et ses complices, bien que condamnés, sont restés populaires en Argentine, symbolisant une forme de résistance face à un système économique inégalitaire. Leur histoire, transformée en film, continue de fasciner et de divertir, prouvant qu’un braquage peut aussi être une œuvre d’art.
Pourquoi voir ce film ?
Si vous aimez les films de braquage intelligents, drôles et bien ficelés, « Le Braquage du siècle » est fait pour vous. Il offre un divertissement de qualité, porté par une histoire vraie aussi incroyable qu’instructive, et des personnages qui sortent des sentiers battus. Un hommage à l’ingéniosité, à l’humour et à l’audace, le tout servi par une réalisation dynamique et un casting inspirée.
En résumé : « Le Braquage du siècle » est bien plus qu’un film de casse. C’est une comédie sociale, un hommage à l’audace et une leçon d’ingéniosité, le tout enveloppé dans un divertissement accessible et jubilatoire.
17 comments