J’ai fait la dernière mise à jour Apple : La drôle d’humeur de Paul Mirabel

Il y a des matins où l’on se réveille avec l’impression d’avoir été roulé dans la farine. Ce matin-là, j’ai allumé mon iPhone, et une notification m’a accueilli avec la joie d’un huissier : « Une nouvelle mise à jour est disponible. » Sans réfléchir, j’ai cliqué sur « Installer ». Après tout, qui suis-je pour refuser un peu de bonheur numérique ?

Sauf que, comme à chaque fois, cette mise à jour a tout changé. Pas en mieux, non. Juste… différemment. Les icônes ont bougé, les menus ont été repensés par un designer qui a visiblement passé sa nuit à fumer des herbes aromatiques, et mon téléphone, hier encore si intuitif, est devenu aussi compréhensible qu’un manuel d’assemblage de meuble suédois. « Mais c’est pour votre bien ! », me souffle une petite voix dans ma tête – celle de Tim Cook, probablement, en costume gris et sourire satisfait.

Paul Mirabel, dans sa chronique culte, a su poser le doigt sur l’absurdité de la situation : nous payons des fortunes pour des appareils qui, à chaque mise à jour, nous rappellent que nous ne sommes que des utilisateurs beta d’un système conçu pour nous faire consommer toujours plus. « On s’est fait avoir par la facilité de la technologie », résume-t-il avec ce ton à la fois désabusé et hilarant qui le caractérise. Et il a raison. Apple, Google et les autres ont compris une chose : le progrès, ce n’est pas nous simplifier la vie, c’est nous donner l’illusion qu’on en a besoin.

Prenez les accessoires. Un chargeur à 30 euros, parce que celui de l’année dernière est « obsolète ». Un adaptateur à 20 euros, parce que le port a encore changé. « C’est pour l’innovation », nous explique-t-on. Traduction : « C’est pour nos marges. » Et nous, comme de bons moutons, on sort la carte bleue en se disant que, après tout, c’est le prix à payer pour être « à la pointe ».

Le pire ? On en redemande. On fait la queue devant les Apple Store, on commente les keynotes comme s’il s’agissait d’un spectacle de Broadway, et on se vante d’avoir le dernier modèle, comme si cela faisait de nous des êtres supérieurs. Pourtant, au fond, on sait tous que ces appareils, aussi beaux soient-ils, sont conçus pour nous rendre dépendants – dépendants des mises à jour, des nouveaux produits, de l’idée que, sans eux, nous serions des has been.

Paul Mirabel, avec son humour mordant, nous tend un miroir : « On est des gens intelligents, non ? Alors pourquoi on accepte ça ? » La réponse est simple : parce que la technologie, aujourd’hui, ce n’est plus un outil, c’est une religion. Et comme toute religion, elle a ses dogmes, ses rituels, et ses offrandes – nos économies, notre temps, notre attention.

Alors la prochaine fois que votre téléphone vous proposera une mise à jour, prenez une grande inspiration. Demandez-vous : « Est-ce que j’en ai vraiment besoin ? » Ou bien, comme le suggère Mirabel, ritez simplement et passez à autre chose. Après tout, la vraie intelligence, c’est de savoir dire non.

Et vous, combien de fois avez-vous regretté une mise à jour ?

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