Il y a des films qu’on regarde pour se divertir, et d’autres qui vous laissent une trace, comme une cicatrice discrète. Clean – La vengeance est une sale affaire appartient à la seconde catégorie. Réalisé par Paul Solet (Grace, Bullet Head), ce thriller sorti en 2021 nous plonge dans l’Amérique des villes grises, celle des quais désertés, des entrepôts fatigués et des existences qui cherchent une seconde chance.
Adrien Brody, maigre, éreinté, presque méconnaissable, incarne Clean : un homme qui n’a même plus de prénom à offrir. Éboueur dans une ville anonyme, il ramasse les déchets des autres pour essayer d’oublier les siens. Le jour, il déblaie. La nuit, il nettoie aussi, mais d’une autre manière : il secourt ceux que la ville a laissés pour compte, comme Di’Anthony, un adolescent brillant pris dans l’engrenage de la rue. Clean cherche la rédemption dans le silence, dans les gestes utiles, dans l’effacement de soi.

Mais le passé, lui, ne se laisse pas jeter à la benne. Lorsque la violence locale, incarnée par un caïd brutal, frappe l’entourage de Clean, l’homme qui voulait tourner la page doit rouvrir le chapitre le plus sombre de son histoire. La vengeance devient alors une affaire sale, littéralement et le film assume cette ambiguïté : la violence libère-t-elle, ou souille-t-elle une seconde fois ?

La force du film tient d’abord à son acteur principal. Brody compose un personnage de quasi-muet, une présence tour à tour protectrice et terrifiante. Son visage fait tout le travail : la douleur ancienne, la colère contenue, la tendresse inattendue. C’est une performance physique et minimaliste, dans la lignée de ses rôles les plus marquants. On pense à un croisement entre un western crépusculaire et un film de quartier.

La mise en scène de Paul Solet, elliptique et imprégnée de mélancolie, impose un rythme lent qui peut dérouter les amateurs d’action pure. Les affrontements, quand ils arrivent, sont bruts, secs, presque documentaires pas de chorégraphie hollywoodienne, juste des coups qui font mal. La photographie froide et la musique électronique envoûtante signent une ambiance nocturne cohérente.

Le scénario, co-écrit par Solet et Brody, mise sur l’atmosphère plutôt que sur les surprises. Certains reprocheront au film ses clichés du genre : le criminel repenti, la victime à sauver, la spirale inévitable. Mais c’est justement dans ce matériau classique que le film trouve sa vérité, porté par une sincérité rare.

Verdict ? Clean n’est pas un film d’action : c’est une élégie violente sur la rédemption impossible, servie par un Adrien Brody magnétique. À réserver aux spectateurs qui aiment quand le cinéma gratte là où ça fait mal.
« J’ai apprécié l’idée de base et certains moments cultes, mais j’ai trouvé que le rythme perdait en cohérence vers la fin. Dommage, car le potentiel était énorme. À voir pour les fans du genre, mais sans s’attendre à un chef-d’œuvre. »
« La vengeance est un thème classique, mais ici, il est traité avec une originalité rafraîchissante. Le film pose des questions morales intéressantes sans tomber dans le moralisme. À voir pour les dialogues percutants et la fin qui laisse réfléchir. »
« Ce film m’a vraiment surpris par son scénario bien ficelé et ses rebondissements inattendus. L’équilibre entre tension et humour noir est parfait, et les personnages sont très bien écrits. Un excellent divertissement pour les amateurs de thrillers psychologiques ! »