Il y a des questions existentielles qui traversent les sièques : la vie, l’univers, le reste… et surtout, pourquoi les bébés grimpent-ils les toboggans à l’envers ? C’est cette interrogation universelle, vécue par tous les parents épuisés des aires de jeux du dimanche, que Jérémy Ferrari a transformée en petit chef-d’œuvre d’absurde dans « On n’demande qu’à en rire ».
Un sketch culte signé Ferrari
Diffusé le 8 novembre 2011 sur France 2, ce sketch marque le 54e passage de Jérémy Ferrari dans l’émission de Laurent Ruquier. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le public a répondu présent : avec 84 points, l’humoriste frôle la qualification directe et confirme, s’il en était encore besoin, qu’il est devenu l’un des piliers de l’émission.
Le principe ? Partir d’une observation d’une banalité désarmante pour ces tout-petits qui s’obstinent à monter par le bout du toboggan, quitte à se prendre une glissade mémorable et l’embarquer dans une spirale d’absurde et d’humour noir, sa grande spécialité. Laurent Ruquier le comparait déjà à Pierre Doris, référence ultime du genre. Quand on vous dit que Ferrari ne rigole pas avec l’humour noir, c’est un euphémisme.
L’humour noir comme signature
Ce qui frappe dans ce passage, c’est la mécanique parfaitement huilée du personnage : un propos apparemment banal sur l’enfance, une montée en puissance savamment dosée, puis le déclic final qui fait basculer tout le plateau. Ce fameux déclic, c’est la marque de fabrique Ferrari, celui-là même qui deviendra le titre de son spectacle et le fil rouge de toute sa carrière.
À l’époque, Jérémy Ferrari n’en est qu’à ses débuts médiatiques, mais le tir est déjà d’une précision chirurgicale. Derrière le jeune homme au regard naïf se cache un bretteur du rire qui manie le second degré comme personne. Ses petits boulots de coursier, de serveur ou de conseiller clientèle nourrissaient déjà ses sketchs d’une matière humaine irrésistible et visiblement, les toboggans aussi.
Pourquoi ce sketch reste dans les mémoires
Plus de dix ans après, ce passage continue de circuler sur le web et de faire mouche auprès du public. La raison est simple : il condense tout ce qui fait le charme de l’école « ONDAR » des situations du quotidien transformées en explosives comiques, des répliques devenues cultes et ce petit parfum de nostalgie d’une époque où la télé rechargeait chaque soir en humour frais.
C’est aussi une pièce de collection pour les fans : on y voit un Ferrari encore en devenir, à des années-lumière des Zéniths qu’il remplira plus tard avec « La Tournée du Trio et Demi » aux côtés d’Arnaud Tsamère et Baptiste Lecaplain, en hommage à leur ami Guillaume Bats. Un peu comme retrouver la première prise d’un futur champion : déjà il y a du génie dans la bande.
Alors, pourquoi les bébés prennent-ils les toboggans à l’envers ? La réponse scientifique vous échappera sans doute encore après le sketch mais vous vous moquerez bien de la science, c’est exactement le but. Installez-vous, montez le son et laissez-vous glisser (dans le bon sens, contrairement aux bébés) dans l’univers délicieusement tordu de Jérémy Ferrari. Bon visionnage !