Imaginez : un homme ordinaire, votre voisin, votre collègue, ou même votre ami le plus proche, cache un secret monstrueux. C’est exactement ce qu’a vécu un habitant de Truro, en Angleterre, en 2014. Une histoire glaçante qui a choqué le monde entier et prouvé que le mal peut se cacher derrière les apparences les plus anodines.
Tout commence un soir d’hiver, lorsque Steven Wright, un père de famille sans histoire, reçoit un appel de la police. On lui demande de se rendre au poste pour une « simple vérification ». Sans se douter de rien, il s’y présente, pensant à une erreur administrative. Mais la réalité qui l’attend est bien plus terrifiante : son ami de longue date, Steve Wright (homonyme), est arrêté pour le meurtre de cinq femmes. Les corps, retrouvés dans des zones isolées autour de la ville, portent tous les signes d’un même tueur : des prostituées, étranglées, leurs corps abandonnés comme des déchet.
Pour Steven, c’est l’effondrement. Comment l’homme avec qui il partageait des bières, des fous rires et des souvenirs d’enfance pouvait-il être capable de tels actes ? Les indices s’accumulent : des témoignages placent Steve Wright près des scènes de crime, des traces ADN le lient aux victimes, et son comportement devient de plus en plus erratique. Pourtant, rien dans leur amitié ne laissait présager un tel cauchemar. « C’était un type calme, toujours souriant. Il aidait même les voisins à tondre leur pelouse », confiera plus tard Steven, encore sous le choc.
L’enquête révèle un profil glaçant : Steve Wright, 55 ans, était un homme méthodique. Il ciblait des femmes vulnérables, souvent en situation de précarité, qu’il attirait dans sa voiture sous prétexte de leur offrir de l’argent ou un abri. Une fois à l’écart, il les tuait sans remords, puis jetait leurs corps comme s’il s’agissait d’objets sans valeur. Son procès, en 2008, a révélé l’étendue de sa cruauté. Condamné à la prison à perpétuité, il n’a jamais exprimé le moindre regret, se contentant de nier les faits avec un calme déconcertant.
Cette affaire pose une question vertigineuse : comment repérer un monstre quand il se fond dans la masse ? Les tueurs en série ne portent pas d’étiquette. Ils sont souvent charmants, sociables, et savent manipuler leur entourage. Dans le cas de Truro, le tueur était un père de famille, un voisin respecté. Personne n’aurait pu imaginer qu’il était l’auteur de l’un des pires sérails de meurtres de l’histoire récente du Royaume-Uni.
Aujourd’hui, Steven vit avec ce poids. « Chaque fois que je ferme les yeux, je me demande si j’ai manqué un signe, un détail qui aurait pu sauver des vies », avoue-t-il. L’affaire Truro est un rappel glaçant que le mal peut frapper n’importe où, n’importe quand… et que parfois, le monstre est celui qu’on connaît le mieux.