Imaginez un jeune avocat ambitieux, Ben Cahill (Josh Duhamel), qui coule des jours heureux à La Nouvelle-Orléans avec sa femme Charlotte (Alice Eve). Un jour, son ex, Emily Hynes (Malin Åkerman), refait surface avec des fichiers volés sur l’ordinateur de son amoureux, un magnat de la pharmacie, Arthur Denning (Anthony Hopkins), dont les médicaments auraient causé des centaines de morts. Une pépite juridique, un ticket d’or vers la gloire pour Ben, qui se rêve déjà en requin du barreau.
Sauf que, très vite, l’affaire part de travers. Une disparition inquiétante, des cadavres qui surgissent là où il ne faudrait pas, un tueur élégant (Byung-hun Lee) aux trousses du jeune couple et, au-dessus de tout ce beau monde, le patron du cabinet où officie Ben : l’inusable Charles Abrams, interprété par Al Pacino, fauteuil cuir, barbe de bouc et accent du Sud en option. Bienvenue dans Misconduct, thriller néo-noir de 2016 réalisé par Shintaro Shimosawa, qui signe ici ses débuts derrière la caméra après une belle carrière de monteur et producteur.

Deux monstres sacrés en mode « facture »
Là, il faut le dire avec le sourire : Misconduct n’est pas un chef-d’œuvre. Sorti en février 2016 directement en vidéo et dans quelques salles, le film a glané un score dérisoire sur les agrégateurs de critiques. Les Britanniques se souviennent surtout de sa sortie en salle Outre-Manche, où il a rapporté l’équivalent d’une centaine d’euros — assez pour que le film reçoive un Razzie spécial. Mais voilà le charme de la bête : Misconduct est de ces navets tellement extravagants qu’ils deviennent irrésistibles.

Anthony Hopkins campe un méchant en pilote automatique, juste ce qu’il faut de menace condescendantee. Al Pacino, lui, se laisse joyeusement aller, dégaine un accent sudiste aussi crédible qu’un perroquet à la cape, et savoure chaque réplique comme un bon cigare. C’est du grand guignol assumé — et honnêtement, ça se regarde avec un plaisir coupable.
Un scénario qui tourne à l’iceberg renversé
Car le vrai génie du film, c’est sa capacité à empiler les rebondissements : disparition, chantage, meurtre, double jeu, triple mensonge… Le scénario se contredit parfois lui-même, et le dernier retournement, pompeusement emprunté à un thriller des années 1990 bien connu, laisse plus d’un spectateur perplexe. Peu importe ! Josh Duhamel fait ce qu’il peut pour tenir la barque, Julia Stiles éclaire quelques scènes, et la photographie chatoyante de la Louisiane donne au moins un vernis élégant à l’ensemble.
Faut-il le voir ?

Si vous cherchez un thriller léché, passez votre chemin. En revanche, si l’idée de voir Hannibal Lecter et Michael Corleone en train d’encaisser un chèque dans un mélo judiciaire déjanté vous amuse, alors Misconduct est votre bon plan du soir. Un « so bad it’s good » de qualité, à déguster entre amis, sans modération mais avec beaucoup d’ironie.
« Je ne connaissais pas Misconduct avant de tomber sur cet article. Merci pour la découverte ! Pacino et Hopkins dans le même film, c’est un duo de rêve. Vous recommanderiez d’autres thrillers récents avec des acteurs de cette envergure ? »
« Le synopsis a l’air prometteur, mais j’ai lu que le film avait reçu des critiques mitigées à sa sortie. Dommage, car Pacino mérite toujours des scénarios à la hauteur de son talent. Quelqu’un l’a vu et peut donner son avis ? »
« Pacino reste une icône intemporelle. Après Heat ou The Insider, voir qu’il continue à choisir des projets ambitieux est rassurant. Ce film me rappelle pourquoi j’aime tant le cinéma des années 2010 : des acteurs de légende dans des scénarios audacieux. Merci pour l’article ! »
« Misconduct a l’air d’un mélange intéressant entre suspense psychologique et drame judiciaire. Pacino excelle dans ce genre de rôles ambivalents, et le casting autour de lui (Anthony Hopkins, Alice Eve) renforce l’attente. Avez-vous des infos sur la réception critique du film à sa sortie ? »
« Quel plaisir de voir Al Pacino dans un thriller ! Son jeu d’acteur est toujours aussi captivant, et Misconduct semble promettre une intrigue haletante. J’adore quand les légendes du cinéma se renouvellent dans des rôles intenses. Hâte de le découvrir ! »