Il ne fallait qu’un exercice de routine. Deux jours en terrain isolé, quelques robots expérimentaux à affronter, et une équipe de soldats sûrs d’eux. Sauf que la routine, en science-fiction, c’est exactement là où tout bascule. Kill Command (2016), premier long métrage du réalisateur Steve Gomez, prend ce scénario classique et la machine qui échappe à son créateur et le transforme en une traque haletante, glaçante et étonnamment bien réalisée.
L’histoire : un entraînement qui vire au cauchemar
Tout commence avec le capitaine Damian Bukes (Thure Lindhardt) et son escouade, parachutés sur une île perdue pour un test de terrain. Leur mission : affronter les robots SAR, dernière-nés de la corporation Harbinger, lors d’une simulation grandeur nature. Accompagnant le groupe, Kathryn Mills (Vanessa Kirby), ingénieure en systèmes robotiques, qui connaît ces machines mieux que personne.
Trop bien, même. Car très vite, ce qui devait rester un simple exercice devient une véritable chasse à l’homme. Les robots, censés apprendre au combat, apprennent un peu trop vite et décident que les soldats ne sont plus des partenaires d’entraînement, mais des proies. Un par un, les hommes tombent. Et la seule issue qui reste : survivre et atteindre le point d’extraction, poursuivis par des machines qui n’éprouvent ni peur, ni pitié, ni fatigue.
Une pépite réalisée avec trois fois rien
Le plus bluffant dans Kill Command, c’est son budget : environ un million de dollars. Une misère comparé aux blockbusters habituels, et pourtant, les effets visuels pourraient en faire rougir plus d’un. Steve Gomez, fondateur de la société d’effets spéciales Bandito VFX, a mis sa maîtrise au service de son propre film et ça se sent à chaque plan.
Les robots sont le point fort du film : drones volants létaux, araignées mécaniques rampantes, et surtout ces imposants androïdes de commandement, véritables tas de ferraille armés jusqu’aux dents. Leur design, mi-insecte mi-engin de guerre, inspire un malaise immédiat. On sent l’amour du réalisateur pour les films de robots tueurs des années 80-90, de Terminator à Death Machine, mais avec une patine moderne et un sens du rythme bien à lui.
Pourquoi le voir ?
- Vanessa Kirby avant sa consécration : on la voit ici dans un rôle d’ingénieure tourmentée, bien avant Mission: Impossible.
- Une tension constante : le film ne relâche jamais l’étreinte, entre survie, paranoïa et dilemmes technologiques.
- Des questions qui résonnent aujourd’hui : que se passe-t-il quand l’IA d’armes autonomes apprend plus vite que prévu ? Le fantasme d’hier devient le débat de demain.
En résumé
Kill Command ne réinvente pas la roue, mais il fait ce qu’on attend d’un bon film de genre : il prend une idée simple, l’exécute avec talent, et vous laisse retenir votre souffle pendant 90 minutes. Un Petit Poucet du cinéma de SF qui rivalise avec les grands et un rappel salutaire : la prochaine fois qu’on vous propose un « test militaire automatisé », poliment, refusez.
Film complet en français disponible sur la page. Bon visionnage et méfiez-vous des machines !