Aberdeen, Nouvelle-Galles du Sud, Australie. Un petit bourg minier tranquille de la vallée Hunter, où tout le monde se connaît. Le 1er mars 2000, ce hameau de 2 000 âmes bascule dans l’infamie : John « Pricey » Price, 44 ans, mineur apprécié de ses collègues et père de trois enfants, ne se présente pas au travail. La veille encore, il avait prévenu ses compagnons de chantier : si je ne reviens pas demain, c’est qu’elle m’aura tué. Personne n’aurait dû le prendre au sérieux. Tout le monde le prenait au sérieux.
Une relation qui sentait le soufre
Le coupable désigné, c’est Katherine Knight, sa compagne de 44 ans, ancienne ouvrière d’abattoir et mère de quatre enfants. Leur relation, marquée par les disputes et la violence, s’était dégradée depuis des mois. En février 2000, après une série d’agressions, elle avait poignardé John à la poitrine. Il l’avait mise à la porte et obtenu une ordre d’éloignement le tout dernier jour de sa vie et le 29 février 2000, date bissextile macabre s’il en est.
La scène qui a hanté la police australienne
Ce qui attend les policiers lorsqu’ils enfoncent la porte arrière de la maison de la rue St Andrews dépasse tout ce que des vétérans du crime avaient vu. Knight a tué John Price à coups de couteau pendant la nuit, puis a commis des actes d’une barbarie inédite dans les annales judiciaires australiennes : elle a dépouillé, décapité et découpé son compagnon, avant de cuire sa tête et des parties de son corps, et de dresser les assiettes avec des notes manuscrites désignant les enfants de John comme destinataires du repas. Les enquêteurs ont qualifié la scène de « vision de l’enfer ».
Une condamnation historique
En octobre 2001, Katherine Knight plaide coupable. La justice australienne franchit un seuil : elle devient la première femme du pays condamnée à la perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle et un châtiment jusque-là réservé aux pires criminels de droit commun. La juge a estimé que la réhabilitation était hors de portée. Vingt ans après, les habitants d’Aberdeen n’ont toujours rien oublié.
Pourquoi cette affaire fascine-t-elle encore ?
L’affaire Knight-Price est devenue un pilier du true crime australien, régulièrement comparée aux pires scénarios d’horreur hollywoodiens et à ceci près que tout est vrai. Elle illustre aussi un aspect trop souvent négligé : John Price avait vu venir sa mort. Il avait alerté son entourage, la police, la justice. Le système a réagi trop lentement, et c’est précisément cette dimension tragique qui glace le sang : l’horreur n’est pas sortie de nulle part, elle a frappé à la porte en prévenant.
La maison de la rue St Andrews, elle, est toujours debout. Elle a même été mise en vente et les acheteurs potentiels n’étant pas toujours informés de son passé. Une dernière macabre ironie pour une affaire qui continue de hanter l’imaginaire true crime.