kill time : film complet en français : horreur et thriller

Il y a des films qu’on regarde en sirotant un thé, et d’autres qui vous prennent à la gorge dès les premières minutes. Kill Time appartient à la seconde catégorie. Réalisé par le Hongkongais Fruit Chan : cinéaste culte, habitué des histoires qui glissent lentement sous la peau et ce thriller sino-hongkongais est sorti en 2016 et n’a jamais vraiment quitté les esprits de ceux qui l’ont croisé.

cette histoire vraie est dramatique

Le point de départ tient en une phrase : Xia Guo, une jeune femme dont le père policier est mort neuf ans plus tôt, décide de rouvrir elle-même l’enquête jamais résolue qui hante sa famille. Une fille, un dossier poussiéreux, des vérités que tout le monde préfère laisser enterrées. Vous voyez le tableau : plus elle creuse, plus le passé remonte, et moins les gens autour d’elle semblent apprécier sa curiosité. Mauvaise nouvelle pour elle et excellente pour nous.

Parce que c’est bien là le plaisir du film : cette montée lente mais inexorable de la tension. Fruit Chan ne précipite rien. Il installe ses personnages, laisse respirer les silences, distille les indices au compte-gouttes… puis lâche la meute. Entre enquête policière, romance sombre et séquences carrément glauques, Kill Time navigue entre le thriller psychologique et l’horreur feutrée de quoi satisfaire les deux appétits, si vous aimez frissonner ET réfléchir.

Face caméra, Angelababy livre une interprétation touchante : pas une héroïne toute-puissante, mais une jeune femme cabossée, tiraillée entre le devoir de mémoire et l’envie de vivre enfin sa vie. À ses côtés, Ethan Juan incarne un personnage trouble, ambigu, dont on ne sait jamais vraiment s’il faut tendre la main ou fermer la porte à double tour. Cette alchimie volontairement malsaine est le vrai moteur du film.

Côté réalisation, Chan fait merveille avec peu : photographie froide comme une lame, montage qui joue avec la chronologie (le titre original, Mou Sha Si Shui Nian Hua, évoque littéralement « l’assassinat des années qui coulent comme l’eau » poétique et menaçant à la fois), et une bande-son qui grésille juste là où il faut pour vous mettre la chair de poule.

Est-ce un film parfait ? Non, et tant mieux. Kill Time a ses scories, ses ellipses qui demandent un peu de patience, sa romance qui divise. Mais c’est précisément ce qui lui donne ce charme un peu dérangeant : un polar méticuleux qui refuse de finir proprement, avec un final qui reste en tête comme une chote qu’on n’arrive pas à oublier : pardon, une note qu’on n’arrive pas à oublier.

Alors, si votre soirée réclame du suspense, une enquête familiale au couteau et quelques frissons bien sentis, Kill Time est un excellent choix. Coupez le téléphone, fermez les rideaux, et laissez le temps faire son œuvre… Il tue si bien, le temps.

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