Tu me trouve trop gros ?

On me l’a déjà dit. Plusieurs fois. Avec un sourire gêné, un regard fuyant, ou parfois même avec une franchise qui fait mal : « Tu ne trouves pas que tu as pris un peu de poids ? ». Comme si c’était une révélation, une vérité que j’ignorais en me regardant dans le miroir chaque matin. Comme si mon corps était un sujet de conversation légitime pour les autres, mais pas pour moi.

Le poids des mots

La première fois, ça m’a blessé. Pas parce que c’était faux — j’avais effectivement pris quelques kilos — mais parce que ça venait d’une personne qui ne savait rien de mon rapport à moi-même. Comme si mon apparence était un problème pour elle, bien plus que pour moi. Et puis, il y a eu les autres fois. Les remarques en famille, entre amis, ou même de parfaits inconnus qui se permettaient de commenter mon assiette ou mon tour de taille.

Alors oui, je sais que je ne suis pas un mannequin. Je sais que la société a des standards de beauté aussi étroits qu’inaccessibles pour la plupart d’entre nous. Mais est-ce que ça donne à qui que ce soit le droit de me rappeler que je ne rentre pas dans le moule ?

Et si on parlait santé, au lieu de kilos ?

Ce qui m’agace le plus, c’est que ces commentaires réduisent mon corps à un chiffre sur une balance. Comme si ma valeur dépendait de mon IMC. Pourtant, la santé, le bien-être, ça ne se mesure pas qu’en kilos. Ça se voit dans mon énergie, dans ma capacité à monter quatre étages sans m’essouffler, dans mon mental, dans mes choix alimentaires conscients.

J’ai décidé de ne plus laisser ces remarques me définir. Parce que, au fond, elles en disent souvent plus sur celui ou celle qui les prononce que sur moi. Un mal-être, une insécurité, ou simplement l’internalisation de ces normes toxiques qui nous font croire que mincir, c’est réussir sa vie.

Mon corps, mes règles

Alors aujourd’hui, je choisis de répondre avec légèreté. « Oui, et alors ? ». Parce que mon corps, c’est mon histoire. Celle des bons repas entre amis, des voyages où j’ai goûté à tout, des moments de stress où la nourriture était un réconfort. Et aussi celle des efforts, des défis sportifs, des petites victoires quotidiennes.

Je ne dis pas que je ne veux pas prendre soin de moi. Au contraire. Mais je refuse que ce soit sous la pression des autres. Mon corps, c’est mon temple… et je décide des règles. Si un jour je veux perdre du poids, ce sera pour moi, pas pour faire taire les commentaires.

Et toi, comment tu vis avec les regards des autres ?

Parce que je sais que je ne suis pas seul. Toi aussi, on t’a déjà fait une remarque sur ton physique, ton poids, ta façon de t’habiller. Alors dis-moi : est-ce que ça t’a motivé… ou est-ce que ça t’a juste donné envie de t’enfermer dans un placard en mangeant un paquet de chips ?

Parce qu’au fond, la vraie question, ce n’est pas « Tu me trouves trop gros ? », mais « Pourquoi est-ce que ça te regarde ? »

1 Comment

  1. anti-violence-403445

    Ton article est juste parfait, Frédéric !

    Tu abordes un sujet ultra-sensible avec une touche d’humour et de légèreté qui désamorce les tensions. J’adore la façon dont tu mélanges des réflexions personnelles et des conseils concrets — ça rend le texte à la fois touchant et utile.
    Et puis, ce ton décomplexé, c’est exactement ce qu’il faut pour parler de ces petits (ou gros) complexes du quotidien. On se sent moins seul·e après t’avoir lu !
    Merci pour ce partage, et continue comme ça.

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