Ce lundi, le Medef a organisé un déjeuner très attendu avec Jordan Bardella, président du Rassemblement National. L’événement, censé être un moment d’échange convivial entre le monde économique et la classe politique, a finalement tourné au vinaigre… ou plutôt, au carbonisé. En effet, le fameux « cordon bleu sanitaire », métaphore culinaire souvent utilisée pour décrire les mesures de protection économique, a littéralement pris feu sous les projecteurs.
Dès l’apéritif, l’ambiance était tendue. Les patrons du CAC 40, habitués aux discours lissés et aux promesses de baisses de charges, se sont retrouvés face à un Bardella en verve, prêt à défendre bec et ongles les idées de son parti. Entre deux bouchées de foie gras, un dirigeant a osé demander : « Et pour les entreprises, concrètement, que proposez-vous ? » La réponse, aussi cinglante qu’un filet de citron sur une huître mal ouverte, a fait taire la tablée : « Moins de normes, moins d’impôts, et surtout, moins de gaspillage. » Un silence gêné a suivi, rapidement rompu par le bruit d’une poêle qui s’enflammait en cuisine.
Le plat principal, un cordon bleu revisité aux couleurs tricolores, devait symboliser l’union sacrée entre patronat et politique. Las, la cuisson a été mal maîtrisée. Trop de chaleur, pas assez de matière grasse, et surtout, une recette improvisée. Résultat : le fromage a fondu, la panure a noirci, et les convives se sont retrouvés avec une assiette fumante et un goût de brûlé dans la bouche. « C’est ça, la France de demain ? » a murmuré un PDG, mi-amusé, mi-consterné.
Le dessert, un Paris-Brest revisité, n’a pas sauvé la mise. Les discussions sur la souveraineté économique, la relocalisation des usines ou encore la fiscalité ont tour à tour été servies, mais sans véritable sauce pour les lier. Bardella, lui, a joué les chefs étoilés, multipliant les métaphores culinaires : « Il faut oser les grands plats, même si certains ont du mal à digérer. » Les rires jaunes ont fusé, mais personne n’a osé demander l’addition.
À la fin du repas, un seul constat s’imposait : le cordon bleu sanitaire avait cramé. Pas seulement dans les assiettes, mais aussi dans les esprits. Preuve que, parfois, même les meilleurs ingrédients ne suffisent pas à faire un bon repas… surtout quand les cuisiniers ne s’entendent pas sur la recette.
Reste une question : le Medef osera-t-il inviter à nouveau le RN à sa table ? Ou préférera-t-il commander une pizza, pour éviter les brûlures d’estomac ?