Sorti en 1955, « Un pitre au pensionnat » (You’re Never Too Young en version originale) est une comédie burlesque réalisée par Norman Taurog, mettant en scène le duo mythique Dean Martin et Jerry Lewis, aux côtés de Diana Lynn. Ce film, souvent considéré comme l’un des meilleurs du tandem, s’inspire librement du classique « Uniformes et jupons courts » de Billy Wilder (1942), en y ajoutant la touche déjantée et musicalement enjouée qui a fait la renommée de Martin et Lewis.
Un scénario truffé de quiproquos
L’histoire suit Wilbur Hoolick (Jerry Lewis), un apprenti coiffeur maladroit et rêveur, qui se retrouve malgré lui impliqué dans un hold-up. Un gangster, Noonan (Raymond Burr), glisse un diamant volé dans sa poche. Poursuivi par le criminel, Wilbur n’a d’autre choix que de se déguiser en enfant de 12 ans pour échapper à ses poursuivants et voyager à moindre coût. Il se réfugie alors dans un pensionnat de jeunes filles, où son ami Bob Miles (Dean Martin) travaille comme professeur. Entre quiproquos, déguisements et numéros musicaux, le film enchaîne les gags avec un rythme effréné, typique des comédies des années 1950.
Le duo Martin-Lewis à son apogée
Dean Martin y incarne le charmant séducteur, toujours élégant et détendu, tandis que Jerry Lewis, avec son jeu physique exagéré et ses mimiques hilarantes, porte l’essentiel de la comédie. Leur alchimie est palpable : Martin chante, Lewis fait le pitre, et Diana Lynn apporte une touche de sophistication en tant que Nancy Collins, l’intérêt amoureux de Bob. Le film est aussi l’occasion de voir Raymond Burr, futur star de « Perry Mason », dans un rôle de méchant aussi imposant que mémorable.
Un hommage à la comédie classique
« Un pitre au pensionnat » est un remake assumé, mais il s’en distingue par son énergie et son humour visuel. Les scènes de poursuite, les déguisements et les dialogues vifs rappellent l’âge d’or du vaudeville, tout en intégrant des numéros musicaux qui mettent en valeur la voix suave de Dean Martin. Le film joue aussi sur l’absurdité des situations, comme lorsque Wilbur, déjà peu crédible en enfant, doit affronter les défis d’un pensionnat strict.
Réception et héritage
À sa sortie, le film a été salué pour son côté divertissant et son rythme soutenu. Aujourd’hui, il reste un incontournable pour les fans de comédie vintage et du duo Martin-Lewis. Bien que moins transgressif que l’original de Wilder, il compense par son côté joyeusement chaotique et son absence de prise de tête. « Un pitre au pensionnat » est un pur moment de détente, où l’on rit des maladresses de Lewis et du charisme de Martin, le tout dans un cadre aussi improbable qu’hilarant.