On a tous ce pote. Celui qui, après trois verres de rosé tiède en terrasse, te sort un « Oh, mais tu devrais essayer la grenadine, c’est trop bon ! » avec un sourire de connivence qui donne envie de lui balancer ton verre à la figure. La grenadine, ce sirop rouge fluo, symbole de l’enfance volée et des goûts douteux, a-t-elle vraiment sa place dans un monde où le gin tonic et l’Aperol Spritz règnent en maîtres ?
Déjà, parlons peu, parlons bien : la grenadine, c’est quoi ce truc ? Un mélange de sucre, d’arômes artificiels et d’un peu de jus de grenade (si t’as de la chance). C’est le genre de truc que ta grand-tante sort du placard pour « faire plaisir aux enfants » pendant les repas de famille. Sauf que les enfants, eux, préfèrent le Coca. Alors à qui la faute ? Aux parents des années 80 qui croyaient bien faire en nous gavant de sirops industriels en nous disant « C’est naturel, ma chérie » ? Spoiler : non, c’était pas naturel.
Et puis il y a le drame du Diabolo. Ce cocktail improvisé, star des anniversaires de CM2, où la grenadine rencontre la limonade dans un mariage forcé qui donne un résultat aussi esthétique qu’un pull en laine tricoté par mamie. Rouge criard, bulles qui pètent au nez, et un goût qui oscille entre le bonbon Haribo et le médicament contre la toux. Pourtant, des nostalgiques s’en délectent encore, comme si c’était un rituel sacré. « Ah, mais c’est trop bon avec des glaçons ! » Oui, et un clou dans le crâne, c’est aussi rafraîchissant si on y met assez de glace.
Alors, faut-il bannir la grenadine à jamais ? Pas forcément. Comme tout ce qui est moche mais culte, elle a son charme. Elle rappelle une époque où on s’en foutait du sucre, des calories et des additifs E330. Une époque où le principal critère pour qu’une boisson soit « bonne », c’était qu’elle soit rouge. Et avouons-le, y’a un côté rassurant à voir ce flacon poussiéreux traînassant au fond du bar depuis 15 ans, comme un vieux vinyle de Johnny.
Mais attention, chers amateurs de sirops douteux : la grenadine, ça se mérite. Si tu veux en boire, assume. Assume le regard désapprobateur du barman, assume les rires étouffés de tes potes, assume le fait que tu vas avoir soif deux minutes après parce que t’as bu l’équivalent de 10 morceaux de sucre en une gorgée. Et surtout, assume que oui, tu sais très bien où te la mettre, ta saloperie de grenadine.
Et toi, tu es team grenadine ou team « jamais de la vie » ?