Trump, made in France : La chronique de Guillaume Meurice

Trump, made in France : Et si le pire était déjà chez nous ?

En 2026, alors que l’Amérique semble enfin se remettre de quatre années de Trump 2.0, la France, elle, s’interroge : et si le trumpisme était une spécialité bien de chez nous ? Pas besoin d’importer des perruques blondes ou des tweets en majuscules : notre pays a toujours su produire ses propres champions de la démagogie, du mépris des institutions et du culte de la personnalité. Bienvenue dans le Trump made in France.

Regardez autour de vous. Les ingrédients sont tous là : un discours anti-élites qui flatte les frustrations sans jamais proposer de solutions, une obsession pour les « vrais Français » (sous-entendu : ceux qui votent comme moi), et une alliance improbable entre milliardaires et classes populaires, unis par la haine du « système ». Le tout saupoudré d’un mépris affiché pour les médias, ces « ennemis du peuple » qui osent encore poser des questions. Ça vous rappelle quelque chose ?

Prenez un candidat présidentiel qui promettrait de « nettoyer le pays » comme on nettoie une écurie. Ajoutez une chaîne d’info en continu qui passe son temps à hurler contre les « wokistes » et les « islamo-gauchistes ». Saupoudrez de quelques théories du complot – les vaccins, les élites pédophiles, le grand remplacement – et vous obtenez un cocktail aussi explosif que celui de 2017… ou de 2027. La France n’a pas besoin de Trump : elle a ses propres apprentis sorciers.

Et puis, il y a le style. Le mépris des codes, des costumes-cravates et des phrases construites. chez nous, on préfère les vestes en cuir, les formules chocs et les punchlines qui claquaient déjà dans les meetings des années 30. « La République, c’est moi » : la phrase est de Louis XIV, mais elle aurait pu être tweetée hier soir. Le culte du chef, la simplification à outrance, la division comme outil de gouvernement… On a inventé le genre bien avant que Trump ne baragouine ses « covfefe ».

Alors, faut-il rire ou pleurer ? Guillaume Meurice, lui, choisirait sans doute les deux. Car le plus drôle – ou le plus tragique – c’est que le trumpisme à la française ne se revendique même pas comme tel. Non, ici, on parle de « bon sens », de « courage », de « défense des valeurs ». Comme si le populisme était une tradition gauloise, un terroir à défendre. Spoiler : ce n’est pas du camembert.

En 2026, la question n’est plus de savoir si un Trump français émergera, mais quand – et sous quel déguisement. En attendant, une chose est sûre : le cirque est déjà en ville. Et les clowns, hélas, ne sont pas ceux qu’on croit.

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