Il existe des endroits où l’on vous promet de « guérir » de votre homosexualité. Des stages clandestins, souvent organisés par des groupes religieux, où des femmes et des hommes sont convaincus que leur orientation sexuelle est un « péché » à effacer. Nous avons infiltré l’un de ces stages en France. Voici ce que nous y avons découvert.
Une pratique encore vivace en 2026
Malgré les condamnations internationales et les avancées législatives, les thérapies de conversion persistent dans l’ombre. Sous couvert de « soutien spirituel » ou de « réorientation affective », ces stages, souvent organisés par des communautés évangéliques ou catholiques traditionalistes, continuent d’attirer des personnes en détresse, en proie au rejet familial ou social.
Notre enquête a révélé des méthodes aussi absurdes que dangereuses : prières intensives, jeûnes prolongés, séances de « purification » par l’exorcisme, ou encore des ateliers où l’on apprend à « réprimer ses désirs ». Les participants, souvent jeunes et vulnérables, sont convaincus que leur bonheur dépend de leur capacité à devenir hétérosexuels.
Des témoignages glaçants
« On m’a dit que si je priais assez fort, Dieu me guérirait. » Marc, 24 ans, a passé six mois dans un de ces centres avant de réaliser qu’il était victime d’une manipulation. « J’ai perdu des années de ma vie à me haïr, alors que je n’avais rien à me reprocher. »
Les conséquences psychologiques sont dramatiques : dépression, anxiété, tentatives de suicide. Les spécialistes sont unanimes : ces pratiques n’ont aucun fondement scientifique et aggravent la souffrance des personnes LGBTQ+.
Pourquoi c’est toujours légal ?
En France, une loi adoptée en 2022 interdit les thérapies de conversion, avec des peines pouvant aller jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende. Pourtant, les organisateurs contournent la législation en se cachant derrière la « liberté de culte ». Les stages que nous avons investigués se déroulent dans des lieux de culte ou des centres de retraite spirituelle, ce qui les rend difficiles à traquer.
Les associations comme Le Refuge ou Moussa alertent depuis des années : sans une application stricte de la loi et une prise de conscience collective, ces pratiques continueront à détruire des vies.
Que faire ?
Si vous ou un proche êtes confronté à ce type de pression :
- Parlez-en : Brisez l’isolement en contactant des associations LGBTQ+.
- Signalez : Les thérapies de conversion sont un délit. Vous pouvez porter plainte ou alerter les autorités via le 3919 (numéro national d’aide aux victimes).
- Éduquez : Partagez des témoignages et des ressources pour déconstruire les préjugés.
Notre devoir : ne pas regarder ailleurs
Infiltrer ce stage a été un choc. Mais le vrai scandale, c’est que ces pratiques existent encore, ici, en Europe, en 2026. L’homosexualité n’est pas une maladie à soigner, mais une partie de l’humanité à célébrer.
Et vous, que feriez-vous si un proche vous parlait de son « besoin de changer » ?