Le 1er janvier 2026, la vie d’Astrid Panine a basculé. Ce soir-là, sa fille Cyane, 24 ans, perdait la vie dans l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, en Suisse. Trois mois plus tard, Astrid a choisi de briser le silence non pas pour s’enfermer dans la tristesse, mais pour offrir un souffle d’espoir à toutes les victimes et leurs proches. « J’ai voulu faire quelque chose pour ne pas rester dans la tristesse et la colère », confie-t-elle à ICI Hérault. Son initiative, baptisée « Opération Papillon », invite chacun à publier, à partir du 18 avril – date anniversaire de Cyane –, un message de soutien, une photo ou une vidéo bienveillante sur les réseaux sociaux, accompagné du hashtag.
Cyane, originaire de Sète, était serveuse au Constellation ce soir-là. Sa disparition a laissé un vide immense dans le cœur de sa famille et de ses amis. « Une semaine ou dix ans, ça sera pareil. La vie ne sera plus jamais la même », a déclaré Astrid peu après le drame, soulignant l’absurdité d’une telle perte. Pourtant, face à l’ampleur de la tragédie (41 morts et 115 blessés), elle a trouvé la force de transformer son deuil en action collective. « Je veux que ce soit quelque chose de concret, que les mémoires restent éveillées, et qu’on pense toujours à ces jeunes », explique-t-elle. L’opération, qui s’étendra sur une semaine, vise à créer une chaîne de solidarité, où chaque geste – une course en t-shirt à l’effigie de Cyane, une chanson, une lettre – devient un symbole de renaissance.
Astrid insiste : le 1er janvier restera à jamais gravé comme le jour du drame, mais le 18 avril doit devenir « la date de la transformation ». Ce jour-là, sa sœur aînée, Éoline, courra le semi-marathon de Montpellier sous les couleurs d’une association en cours de création, dédiée aux victimes françaises de Crans-Montana. « On fera en sorte que justice soit faite », avait-elle promis dès janvier, tout en refusant de laisser l’image de Cyane associée à l’horreur. « On veut garder d’elle une image souriante, belle », avait ajouté Éoline, les larmes aux yeux.
Pour Astrid, chaque participation à l’Opération Papillon est un pas vers la lumière. « Quand une chenille meurt, un papillon naît », résume-t-elle, métaphore poétique d’une résilience qui force l’admiration. Son appel a déjà trouvé un écho bien au-delà de Sète, prouvant que la mémoire de Cyane, et celle de toutes les victimes, peut inspirer des actes de bonté et de partage.