Laurent Wauquiez il est nul : La chronique d’Aymeric Lompret

Il y a des politiques qui marquent leur époque par des idées, des réformes, ou même des scandales. Et puis, il y a Laurent Wauquiez. Lui, il marque surtout par son talent inégalé pour se mettre en avant… sans jamais vraiment convaincre. Dans sa dernière sortie médiatique, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a encore prouvé qu’il était un maître dans l’art de la communication creuse, où le fond s’efface devant la forme, et où l’ego prime sur le résultat.

Wauquiez, c’est un peu le champion toutes catégories du « je suis le meilleur » sans jamais le démontrer. Il a ce don rare : transformer chaque micro en tribune personnelle, chaque interview en exercice d’autopromotion. On se souvient de ses déclarations tonitruantes sur la gestion de la crise sanitaire, où il s’est autoproclamé « meilleur gestionnaire de France »… alors que sa région, comme les autres, a surtout brillé par son manque de préparation et ses couacs logistiques. Mais peu importe : pour Wauquiez, l’important, c’est de le dire, de le répéter, et surtout, de s’en convaincre soi-même.

Et puis, il y a son style. Ce mélange unique de condescendance et de populisme de salon, où il joue tour à tour le tribun du peuple et le technocrate méprisant. Un jour, il dénonce les élites parisiennes ; le lendemain, il pose en costume-cravate dans les salons feutrés du Medef. Une schize qui serait presque fascinante… si elle n’était pas aussi pathétique. Wauquiez, c’est l’homme qui veut plaire à tout le monde, et qui finit par ne plaire à personne – sauf à lui-même, bien sûr.

Le roi du clientélisme décomplexé

Mais ce qui frappe le plus chez Wauquiez, c’est son clientélisme assumé. En Auvergne-Rhône-Alpes, les subventions pleuvent… à condition de voter pour lui. Les associations, les entreprises, les collectivités locales : tous savent que pour obtenir un chèque, il vaut mieux afficher son soutien au grand Laurent. Une méthode qui rappelle les pires heures de la IVe République, où l’argent public servait avant tout à acheter des loyautés. Sauf qu’à l’époque, au moins, on avait la décence de ne pas en faire étalage.

Et que dire de sa gestion des deniers publics ? Entre les aéroports déserts (comme celui de Saint-Étienne, où les avions se font plus rares que les promesses tenues) et les trains régionaux qui circulent… quand ils veulent, Wauquiez a réussi l’exploit de dépenser des millions sans jamais améliorer le service. Mais bon, quand on a un smile aussi ultra-bright et une communication aussi bien huilée, qui a besoin de résultats concrets ?

Un avenir politique ? Vraiment ?

Alors, Laurent Wauquiez a-t-il un avenir ? À en croire ses proches, il se voit déjà en sauveur de la droite, en recréateur d’un LR plus dur, plus à droite, plus… wauquiezien. Sauf que les Français, eux, semblent de moins en moins dupes. Entre les défaites électorales, les remises en cause internes et les moqueries sur les réseaux sociaux, le « phénomène Wauquiez » ressemble de plus en plus à un feu de paille.

Peut-être que, un jour, il comprendra que la politique, ce n’est pas qu’une question d’image. Que pour gouverner, il faut aussi écouter, proposer, et surtout… agir. En attendant, on peut toujours compter sur lui pour nous faire rire. Et ça, au moins, c’est un service public qu’il rend sans le vouloir.

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