Mai, ce mois où la nature se réveille en sursaut, comme un ado un dimanche matin. Les arbres, hier encore chétifs, se parent soudain de feuilles vert fluo, comme s’ils avaient passé l’hiver à regarder des tutoriels de home staging sur YouTube. Les fleurs, quant à elles, explosent en couleurs avec l’enthousiasme d’un influenceur lanceant un nouveau filtre Instagram. « Regardez-moi, je suis une pâquerette, et je kiffe ma life ! »
Et nous, pauvres humains, on est censés suivre le mouvement. « Profitez du printemps ! » nous rabâche-t-on, comme si c’était aussi simple que de cliquer sur « J’accepte les cookies ». Mais non, mai, c’est aussi le mois des allergies. Le nez qui coule, les yeux qui piquent… On dirait que la nature nous fait un gaslighting collectif : « Non, non, c’est beau, les pollens ! C’est toi qui es trop sensible. »
Puis il y a les fêtes. Le 1er mai, avec son muguet porte-bonheur… ou porte-malheur si vous avez oublié d’en offrir à votre belle-mère. « Tiens, voici un brin de muguet, comme tous les ans. » « Ah, tu m’as pris pour une jardinière ? » (Réponse possible : « Non, pour une fée, mais t’as pas les ailes. »). Et le 8 mai, où l’on célèbre la fin de la guerre… en faisant la queue devant les jardins publics pour profiter du soleil. « On est libres ! » « Oui, mais y’a plus de transats. »
Mai, c’est aussi le mois où les terrasses rouvrent, transformant chaque trottoir en Koh-Lanta urbain. « On prend une table ? » « Non, on prend un carré de 50 cm² et on prie pour que le voisin ne renverse pas son pastis sur nos baskets. » Les serveurs, eux, courent entre les clients comme des hamsters dans une roue géante, avec le sourire crispé de ceux qui savent que leur pourboire dépendra de la météo.
Et n’oublions pas les orages. Mai, c’est le mois où il peut faire 30°C à 14h et pleuvoir des cordes à 15h, comme si la météo était écrite par un scénariste de telenovela. « Chéri, on sort ? » « Attends, je vérifie mon appli. » « Trop tard, t’es déjà trempé. »
Alors oui, mai est joli. Mais c’est surtout le mois où l’on réalise que la nature est une diva capricieuse, que les traditions sont des pièges à culpabilité, et que le bonheur, finalement, tient dans un brin de muguet… ou dans un bon parapluie. En attendant juin, où là, au moins, on aura le droit de râler à cause de la chaleur.