La gauche française a toujours eu un talent particulier pour se déchirer. Mais cette fois, c’est à une chasse aux sorcières que l’on assiste. François Hollande, Raphaël Glucksmann et Bernard Cazeneuve, trois figures historiques du Parti Socialiste, semblent avoir trouvé un point commun : faire tomber Jean-Luc Mélenchon. Et peu importe si, pour y parvenir, il faut enflammer les divisions et enterre définitivement l’espoir d’une union à gauche.
La stratégie du bouc émissaire
Depuis des mois, Mélenchon est la cible privilégiée des critiques. Hollande, qui a longtemps évité de s’exprimer directement contre lui, a fini par lâcher le morceau : « Mélenchon divise, il ne rassemble pas ». Une phrase qui sonne comme un aveu d’impuissance. Car après tout, qui a le plus divisé la gauche ces dernières années ? Le même Hollande qui a mené une politique libérale sous couvert de socialisme, ou Mélenchon, qui porte une ligne claire, même si elle dérange ?
Raphaël Glucksmann, lui, joue les moralisateurs. Entre deux plateaux télé, il rappelle que « la République n’est pas un coup de poker ». Sous-entendu : Mélenchon, avec ses positions radicales, jouerait avec le feu. Pourtant, c’est bien Glucksmann qui, en 2022, a refusé toute alliance avec La France Insoumise, préférant s’allier avec le centre plutôt que de risquer une victoire de la NUPES. Une trahison pour certains, une stratégie pour d’autres.
Quant à Bernard Cazeneuve, l’ancien Premier ministre, il semble avoir trouvé dans la critique de Mélenchon un moyen de rester pertinent. « Il faut un front républicain contre l’extrême droite, pas des calculs électoraux », déclare-t-il. Pourtant, c’est bien lui qui, en 2017, a contribué à l’effondrement du PS en refusant toute alliance avec la gauche radicale.
Pourquoi tant de haine ?
La réponse est simple : Mélenchon incarne ce qu’ils ne sont plus. Une gauche de combat, intransigeante, qui refuse les compromis avec le libéralisme. Pendant que Hollande, Glucksmann et Cazeneuve naviguent entre reniements et alliances douteuses, Mélenchon, lui, assume ses positions. Et ça dérange.
Le vrai problème, c’est que ces attaques ne font que affaiblir la gauche. Au lieu de proposer un projet commun, on préfère les règlements de comptes. Pendant ce temps, le RN et la majorité présidentielle se frottent les mains. La gauche, elle, s’enlise dans des querelles de personnes.
Et maintenant ?
Si Hollande, Glucksmann et Cazeneuve veulent vraiment sauver la gauche, ils feraient mieux de regarder dans le miroir. Car c’est leur propre incapacité à incarner une alternative crédible qui a ouvert la voie à Mélenchon. Au lieu de lui en vouloir, ils devraient peut-être s’inspirer de sa détermination.
Mais bon, quand on a passé des années à gérer les affaires du PS comme une cour de récréation, il est peut-être trop tard pour changer. En attendant, Mélenchon, lui, continue son chemin. Et les autres ? Ils continuent de lui courir après, sans jamais réussir à le rattraper.