Ferry, le naufrage : La chronique de Guillaume Meurice

Ce dimanche 19 avril 2026, Guillaume Meurice a encore frappé. Dans sa chronique pour La Dernière sur Radio Nova, il a disséqué avec son ironie habituelle l’intervention malencontreuse de Luc Ferry chez Pascal Praud. Le philosophe, invité sur CNews, semblait croire qu’il allait débattre sereinement de la liberté d’expression. Las, il n’avait visiblement pas été prévenu que, sur ce plateau, la liberté d’expression a des limites très précises : celles qui arrangent la ligne éditoriale.

Meurice, toujours aussi piquant, souligne l’absurdité de la situation. Luc Ferry, ancien ministre de l’Éducation nationale, s’est retrouvé pris au piège de son propre discours. lui qui a longtemps défendu les valeurs républicaines et la libre parole s’est heurté à une réalité cruelle : sur certaines chaînes, la liberté d’expression est un concept à géométrie variable. On peut y tenir des propos clivants, à condition qu’ils aillent dans le sens du vent dominant. Dès qu’un invité sort du cadre, il est rappelé à l’ordre, voire interrompu. Ferry, habitué aux joutes intellectuelles, a découvert que la « liberté » d’expression, chez Praud, ressemble étrangement à un monologue bien huilé.

Guillaume Meurice, avec son talent pour dégonfler les ballons de baudruche, rappelle que la liberté d’expression n’est pas un accessoire de décoration. Elle est soit totale, soit elle n’est pas. Et quand un philosophe se fait rembarrer parce qu’il oserait nuancer, c’est toute la crédibilité du débat qui sombre. Le naufrage de Ferry, c’est celui d’un homme qui croyait encore que les idées pouvaient s’affronter sans filet. Mais à l’ère des chaînes d’opinion, le filet est tendu par ceux qui décident qui a le droit de parler, et de quoi.

La chronique de Meurice est aussi une piqûre de rappel : la liberté d’expression, ce n’est pas seulement le droit de dire ce qu’on pense, c’est aussi le droit de ne pas être censuré parce que ce qu’on dit dérange. Et quand un Pascal Praud coupe le micro à un Luc Ferry, ce n’est pas un accident, c’est un symbole. Celui d’une télévision où le débat est devenu un spectacle, et où les idées sont des figurants qu’on fait taire dès qu’ils sortent du script.

En conclusion, Meurice nous offre une leçon de lucidité : dans le paysage médiatique actuel, le naufrage de Ferry n’est pas une exception, mais la règle. Et si on ne veut pas finir comme lui, à la dérive, il faut peut-être commencer par exiger que la liberté d’expression ne soit pas un privilège, mais un droit. Pour tous.

Et vous, pensez-vous que la liberté d’expression est vraiment respectée dans les médias aujourd’hui ?

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