Essence, gaz, inflation : « le pire est à venir » : Pierre Lellouche

Depuis le début de l’année 2026, les Français subissent une hausse vertigineuse des prix à la pompe et du gaz, une tendance qui s’inscrit dans un contexte géopolitique et économique de plus en plus tendu. Pierre Lellouche, ancien ministre et spécialiste des questions internationales, alerte : « le pire est à venir ». Son analyse, partagée par de nombreux économistes, repose sur l’escalade des tensions au Moyen-Orient, notamment la guerre en Iran, qui a provoqué une flambée des cours du pétrole. Le baril de Brent a franchi la barre symbolique des 100 dollars, entraînant une augmentation immédiate du prix des carburants. En France, le litre de gazole frôle désormais les 2 euros, tandis que le SP95 E10 suit la même trajectoire ascendante.

Cette hausse brutale s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, la destruction partielle d’infrastructures pétrolières en Iran et les sanctions internationales ont réduit l’offre mondiale, créant un choc sur les marchés. Ensuite, la spéculation s’est emparée des raffineries, amplifiant la bulle des prix bien avant que le consommateur ne la ressente à la pompe. Michel-Édouard Leclerc a d’ailleurs dénoncé une « bulle spéculative » en amont, soulignant que même la grande distribution, qui représente 60 % des ventes de carburants en France, subit cette inflation.

Les conséquences économiques sont déjà visibles. L’inflation importée pèse sur le pouvoir d’achat des ménages, tandis que les entreprises, notamment celles dépendantes des engrais ou de la logistique, voient leurs coûts exploser. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la libération de 400 millions de barils de réserves stratégiques n’a pas suffi à calmer les marchés. Pire, l’OCDE anticipe une baisse de 0,5 % du PIB mondial en 2027 si le détroit d’Ormuz venait à être fermé, avec des répercussions encore plus lourdes en Europe (-0,8 %) et en Asie (-0,9 %).

Face à cette situation, les gouvernements européens tentent de réagir. En France, des voix s’élèvent pour demander un blocage des prix à la pompe, afin d’éviter que les majors pétrolières ne profitent de la crise. Mais les solutions structurelles manquent. La transition énergétique, souvent présentée comme une réponse à long terme, se heurte à la réalité immédiate : les énergies fossiles restent indispensables, et leur raréfaction ou leur renchérissement ont des effets en cascade sur toute l’économie.

Pierre Lellouche, dans ses récentes interventions sur CNEWS, insiste sur le caractère historique de cette crise. Pour lui, les dommages collatéraux de la guerre en Iran et les risques de blocage des routes maritimes pourraient plonger l’Europe dans une récession durable, avec une inflation persistante et un ralentissement de la croissance. Dans ce contexte, son avertissement sonne comme un rappel à l’ordre : sans une réponse coordonnée au niveau international, le pire pourrait effectivement être devant nous.

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