Dolino : Le sac abandonné dans le train

Ce matin-là, Dolino, héros malgré lui des situations absurdes, a encore vécu une aventure qui aurait fait pâlir d’envie les scénaristes de comédies. Tout a commencé dans un TER bondé, entre deux gares sans nom, où le temps semblait s’être endormi. Dolino, assis près de la porte, somnolait en écoutant d’une oreille distraite les conversations de ses voisins de compartiment. Soudain, un cri retentit : « Mon sac ! »

Un passager, paniqué, venait de réaliser qu’il avait oublié son sac sur le quai. Le train, impitoyable, avait déjà repris sa course. Dolino, toujours prompt à jouer les sauveurs (ou les boucs émissaires, selon les jours), se leva d’un bond. « Je vais le rattraper ! » lança-t-il, comme si le train pouvait faire marche arrière sur un coup de tête. Les autres voyageurs, amusés, le regardèrent se précipiter vers la porte, avant de réaliser que celle-ci était verrouillée depuis le départ.

Le sac, lui, était toujours là, abandonné sur un siège, comme un témoin muet de l’étourderie humaine. Dolino, après avoir essuyé les rires et les regards compatissants, décida de l’ouvrir. « Peut-être qu’il y a une adresse dedans », se dit-il. À l’intérieur : un sandwich à moitié mangé, un roman policier dont la fin était soulignée au marqueur, et une paire de chaussettes qui semblaient avoir connu des jours meilleurs. Aucune trace du propriétaire, si ce n’est une carte de visite : « Jean-Michel, expert en perte de temps ».

Les minutes passèrent. Le contrôleur, intrigué par ce sac sans maître, demanda à Dolino de le déposer au bureau des objets trouvés. « Mais c’est une histoire qui mérite une fin ! » protesta Dolino. Il décida alors d’improviser. À chaque gare, il brandissait le sac en criant : « Quelqu’un a perdu son déjeuner, son livre et sa dignité ? » Les voyageurs, d’abord surpris, finirent par jouer le jeu, proposant des théories toujours plus farfelues sur l’identité du mystérieux Jean-Michel.

Finalement, à la gare suivante, un homme essoufflé montra dans le train, le visage rouge d’avoir couru. « C’est moi, Jean-Michel ! J’ai oublié mon sac… et mon téléphone dedans ! » Dolino, triomphant, lui tendit le sac. « Tout est là, sauf peut-être votre dignité », ajouta-t-il avec un clin d’œil. Le train repartit, laissant derrière lui une histoire de plus à raconter, et Dolino, plus que jamais, le roi des situations improbables.

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *