Cher journal, il fait chaud : Marie de Brauer

Cher journal, il fait chaud… et pas qu’à cause du climat !

Aujourd’hui, je me suis réveillée en sueur. Pas à cause d’une nuit agitée (enfin, si, mais ce n’est pas le sujet), non : il fait chaud. Vraiment chaud. Le genre de chaleur qui colle les draps à votre peau et vous fait regretter d’avoir un corps. J’ai tenté d’ouvrir la fenêtre, mais l’air extérieur avait la texture d’une soupe à l’oignon. Trop tard.

Alors, cher journal, je me suis dit : « Et si c’était le signe ? » Le signe que la Terre nous envoie un message. Pas un SMS, non, un coup de chaud cosmique. « Arrêtez de faire n’importe quoi, les humains ! » Mais bon, entre nous, c’est un peu comme recevoir une lettre de menaces de son fournisseur d’électricité : on sait qu’on a merdé, mais on continue à laisser la clim à fond.

J’ai essayé de me rafraîchir en buvant un verre d’eau. Erreur. L’eau avait la température d’un thé glacé… laissé au soleil. J’ai envisagé de me rouler dans le congélateur, mais j’ai peur que mon chat me prenne pour un surimi géant. Il a déjà un regard suspect.

Et puis il y a les autres. Ceux qui, malgré la canicule, portent des costumes en laine « par professionnalisme ». Cher journal, si votre costume vous fait ressembler à un saumon fumé, ce n’est pas du professionnalisme, c’est du masochisme. J’ai croisé un type en costard-cravate à 16h, son front brillait comme une poêle à crêpes. J’ai failli lui proposer mon éventail… ou un cerceuil. Au choix.

Les réseaux sociaux, eux, regorgent de « conseils pour survivre à la chaleur » : « Buvez de l’eau ! » (merci, Sherlock), « Évitez les efforts physiques » (donc si je dois aller chercher cette eau, je suis morte ?), « Portez des vêtements légers » (j’ai essayé, la police m’a fait un signalement). Mon préféré : « Rafraîchissez-vous le visage avec un brumisateur. » Super idée. Sauf que mon brumisateur, lui, crache de l’eau… tiède. C’est comme se faire pipi dessus par un chat en pleine crise de chaleur. Désolée, minou.

Et puis il y a les nuits. Ces nuits où vous vous retournez dans tous les sens, où l’oreiller est un radiateur, et où le ventilateur vous souffle de l’air… chaud. J’ai tenté la technique du « drap humide ». Résultat : j’ai passé la nuit à me demander si j’étais en train de dormir ou de cuire à l’étouffée. Spoiler : c’était les deux.

Alors, cher journal, je me demande : et si on arrêtait de se voiler la face ? Si on assumait enfin que l’été, c’est juste la saison où on transpire pour des raisons existentielles ? Où chaque goutte de sueur est une larme de désespoir climatique ? Où le seul « cool » qui nous reste, c’est de faire semblant que tout va bien ?

Bref. Je retourne me coller devant le frigo en espérant que la porte s’ouvre toute seule. À demain, journal. Si je survie.

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