Bardella est le candidat du MEDEF !

Depuis plusieurs semaines, la relation entre Jordan Bardella et le MEDEF fait parler. Le 20 avril 2026, le président du Rassemblement National a partagé un déjeuner de plus de deux heures avec le bureau exécutif du MEDEF, marquant une étape inédite dans la normalisation économique de son parti. Ce rendez-vous, suivi d’une interview au Journal du Dimanche où Bardella affirme « Je n’ai pas l’entreprise honteuse », illustre une stratégie claire : séduire le patronat et rassurer les milieux économiques sur les intentions du RN en matière de politique économique.

Pourtant, ce rapprochement surprend. Il y a encore un an, le MEDEF qualifiait Bardella de « dangereux ». Aujourd’hui, l’organisation patronale le juge « mieux conscient » des enjeux économiques, même si des divergences persistent, notamment sur le libéralisme, la construction européenne et le libre-échange. Bardella, cravaté et dossier bleu sous le bras, a tout fait pour adopter l’allure d’un jeune cadre dynamique, loin de l’image traditionnelle du RN. « Ce n’est ni une audition ni un grand oral. Il faut qu’il y ait un dialogue », a souligné François Durvye, son conseiller spécial.

Derrière cette vitrine libérale, le programme économique du RN reste cependant fracturé. Entre la ligne plus sociale de Marine Le Pen et celle, résolument pro-business, de Bardella, le parti semble parler « le langage du MEDEF le matin et celui de la France insoumise l’après-midi ». Les patrons, eux, ont bien compris qu’ils négocient avec deux interlocuteurs en un, et que la cour d’appel tranchera peut-être un jour entre ces deux visions.

Pourtant, Bardella multiplie les gestes symboliques : conférences devant des fonds gérant 1 800 milliards d’euros d’actifs, lettres aux fédérations professionnelles, et maintenant ce déjeuner historique avec Patrick Martin, président du MEDEF. « Nous sommes pro-business, nous avons bien conscience que la France a besoin de ses entreprises », a déclaré Laurent Jacobelli, porte-parole du RN, justifiant ces rencontres par la nécessité de « crever la baudruche selon laquelle le patronat aurait massivement pris parti » contre le RN.

Reste une question : ce rapprochement est-il sincère ou tactique ? Les marchés financiers, eux, restent méfiants, craignant un scénario à la Liz Truss en cas de budget jugé irréaliste. Mais une chose est sûre : en 2026, Bardella a réussi à s’imposer comme l’interlocuteur privilégié du MEDEF, au point que certains osent dire, avec une pointe d’ironie ou de provocation, qu’il en est devenu « le candidat ».

Et vous, pensez-vous que ce rapprochement est durable ou simplement opportuniste ?

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