Il y a des leçons de catéchisme qu’on n’oublie jamais. Celle d’Arnaud Cosson en fait clairement partie et heureusement pour nous, elle n’a rien de très orthodoxe !
C’est sur la scène de l’émission « On n’demande qu’à en rire », diffusée sur France 2, que le compique (si l’on ose dire) Arnaud Cosson a livré ce sketch devenu culte parmi ses fans. Diffusé le 14 septembre 2011, ce treizième passage dans l’émission de Laurent Ruquier a d’ailleurs récolté un honorable 80 points, preuve que le jury comme le public ont apprécié la leçon.

Le concept est simple et redoutablement efficace : un cours de catéchisme qui dérape tranquillement, porté par ce ton si particulier d’Arnaud Cosson, ce Ch’ti à l’accent savoureux et au timing comique imparable. Là où d’autres hurlement pour faire rire, lui construit ses personnages avec une précision d’horloger : une réplique en coin, un silence bien placé, une grimace à peine appuyée et c’est toute la salle qui plie.

On connaît Arnaud Cosson pour son humour du Nord, cet art de raconter la vie de tous les jours avec des images simples et une tendresse jamais très loin de l’ironie. La première leçon de catéchisme en est un parfait exemple : le sacré y côtoie le trivial, la tradition se frotte au quotidien, et le tout est servi par un comique de situation parfaitement calibré. Difficile d’en dire plus sans gâcher la surprise mais promis, vous ne regarderez plus un livre de religion de la même façon après l’avoir vue.

Ce qui frappe dans ce sketch, c’est aussi l’intelligence du personnage. Cosson ne se contente pas d’enchaîner les blagues : il installe un univers, avec ses codes et ses habitués, et nous invite à y entrer comme dans un café de village : on s’assoit, on écoute, et on repart avec le sourire. Une écriture du terroir, certes, mais dont l’humour traverse les frontières : on peut ne rien connaître à la Picardie et rire quand même, merci bien.

Il faut aussi saluer le contexte : à l’époque, « On n’demande qu’à en rire » était devenu le passage obligé des humoristes français, une véritable rampe de lancement pour toute une génération de comiques. Y briller treize fois, comme l’a fait Arnaud Cosson, n’est pas donné à tout le monde. Chaque passage était un petit événement, et celui-ci reste l’un des plus marquants de sa collection.

Alors, si vous ne connaissez pas encore cette première leçon de catéchisme, il est grand temps de réviser vos classiques ! Installez-vous confortablement, montez un peu le son (les voisins riront aussi, tant pis pour eux), et laissez-vous porter par la verve ch’tie d’Arnaud Cosson. Une leçon qui se savoure sans modération et qui prouve, s’il en était besoin, qu’on peut rire de tout… pourvu que ce soit drôle.