permis de tuer : comment un pays glisse vers le fascisme

On dit souvent que le fascisme arrive sur la pointe des bottes. Pourtant, il s’installe bien plus sournoisement : par des lois d’exception, des discours de peur, et une normalisation progressive de l’inacceptable. Aujourd’hui, dans de nombreux pays, y compris ceux qui se revendiquent démocratiques, on assiste à une dérive inquiétante : l’État s’arrogue le droit de vie ou de mort sur ses citoyens, sous couvert de sécurité ou de lutte contre le terrorisme. Alors, comment un pays bascule-t-il dans cette spirale autoritaire ? Et surtout, comment l’éviter ?

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1. La peur, terreau du fascisme

Le fascisme ne se déclare jamais comme tel. Il se glisse dans les interstices de la démocratie, exploitant les crises pour justifier l’injustifiable. La peur est son meilleur allié. Attentats, insécurité économique, migrations massives… Autant de prétextes pour restreindre les libertés au nom de la protection collective. Pourtant, comme le disait Benjamin Franklin : « Ceux qui sacrifient leur liberté pour un peu de sécurité temporaire ne méritent ni l’une ni l’autre. »

En France, la loi antiterroriste de 2017 a élargi les pouvoirs de la police, permettant des perquisitions sans juge, des assignations à résidence, voire des tirs à vue dans certains cas. Aux États-Unis, les kill lists (listes de personnes ciblées pour élimination par drones) se multiplient, souvent sans transparence ni contrôle judiciaire. Quand l’État devient juge, jury et bourreau, la démocratie recule.

2. La banalisation de la violence d’État

Le premier pas vers le fascisme, c’est la déshumanisation de l’ennemi. Hier, c’étaient les Juifs, les communistes ou les « sous-hommes ». Aujourd’hui, ce sont les « terroristes », les « criminels », les « indésirables ». Peu importe les mots : une fois qu’une catégorie de personnes est exclue de l’humanité commune, tout devient possible. Les exécutions extrajudiciaires, les détentions arbitraires, la torture… tout cela devient « nécessaire ».

Prenons l’exemple des drone strikes américains : selon le Bureau of Investigative Journalism, entre 2004 et 2020, plus de 10 000 personnes ont été tuées par des frappes de drones, dont près de 2 200 civils. Pourtant, ces opérations sont souvent présentées comme « chirurgicales » et « ciblées ». La langue se fait complice de la violence.

3. La complicité des médias et de l’opinion publique

Le fascisme a besoin de complices. Les médias, en relayant sans critique les discours sécuritaires, participent à cette normalisation. Quand un ministre déclare que « la fin justifie les moyens », et que personne ne bronche, c’est que le glissement a déjà commencé.

En Inde, le gouvernement de Narendra Modi a adoptée des lois permettant l’emprisonnement sans procès pour « activités antinationales ». En Hongrie, Viktor Orbán a verrouillé les médias indépendants et criminalisé l’aide aux migrants. Partout, le même scénario se répète : d’abord les mots, puis les lois, enfin les balles.

4. Comment résister ?

Alors, que faire ? Refuser la peur. Exiger la transparence. Dénoncer chaque recul démocratique, aussi petit soit-il. Comme l’écrivait Primo Levi : « Si comprendre est impossible, connaître est nécessaire. »

  • Informer : Partager les articles, les rapports d’ONG, les témoignages.
  • Protester : Manifester, signer des pétitions, soutenir les lanceurs d’alerte.
  • Voter : Ne pas laisser le champ libre aux extrémistes.

Le fascisme ne s’installe pas en un jour. Il s’infiltre, goutte à goutte, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. À nous de fermer le robinet.

Et toi, cher lecteur, jusqu’où es-tu prêt à laisser aller les choses au nom de la sécurité ?

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