Il est 10h un dimanche matin. Le soleil brille (enfin, disons qu’il essaie), et moi, Frédéric, je me retrouve devant l’entrée d’un magasin de bricolage, la liste de courses à la main et l’air aussi déterminé qu’un chat face à un laser. Mon objectif ? Acheter une étagère. Une simple étagère. Spoiler : ce ne sera pas simple.
Dès que je pousse le chariot (trop grand, trop bruyant, et qui a clairement une vie propre), je me sens comme Artus dans l’un de ses sketches : un peu perdu, un peu excité, et surtout, très conscient que je n’ai aucune idée de ce que je fais. Les allées sont des labyrinthes géants où chaque rayon semble crier : « Tu n’as pas besoin de ça, mais prends-le quand même ! ». Et bien sûr, je me laisse tenter. Un marteau ? « Pourquoi pas, on sait jamais. » Des vis ? « Au cas où. » Une perceuse ? « Bon, là, je déconne… ou pas. »
Le rayon « Do It Yourself » (ou « Do It To Yourself »)
Je me dirige vers le rayon bois, où les planches sont empilées comme des dominos géants. Je me sens comme un aventurier dans un temple maudit : « Choisis la bonne planche, Frédéric, ou le meuble s’effondrera dans trois jours. » Après 20 minutes à comparer des tailles qui n’ont aucun sens pour moi, je me dis que finalemement, l’étagère en kit sera plus simple. Erreur.
Le carton est lourd, les instructions sont en chinois (ou du moins, c’est ce que mon cerveau veut me faire croire), et les vis fournies ressemblent à des confettis. Je me souviens soudain d’un sketch d’Artus où il imite un bricoleur en pleine crise existentielle devant une notice IKEA. « C’est exactement ça. » Je ris tout seul, ce qui me vaut un regard bizarre de la part d’un employé. « Désolé, je suis en train de vivre une expérience comique. »
La caisse : l’épreuve finale
Arrivé à la caisse avec mon chariot rempli de trucs dont je n’ai pas besoin (mais qui pourraient servir un jour), je réalise que j’ai oublié l’essentiel : les chevilles. « Bien sûr. » La caissière me sourit avec cette pitié professionnelle que seuls les employés de magasin de bricolage maîtrisent. « Vous voulez que je vous appelle un taxi pour rentrer avec tout ça ? » Je ris jaune. « Non, non, je vais y arriver. » (Spoiler : j’ai dû faire deux allers-retours.)
Épilogue : la victoire (ou presque)
De retour chez moi, l’étagère est montée… enfin, à peu près. Elle penche légèrement, comme la Tour de Pise, mais elle tient. Et c’est ça, la vraie victoire. Parce qu’au fond, le bricolage, c’est comme la vie : on ne sait pas toujours ce qu’on fait, on se trompe, on rit de soi-même, et à la fin, on est fier du résultat. Même si ce résultat ressemble à un meuble conçu par un enfant de 5 ans.
Et si Artus passait par là, je lui offrirais bien un café en lui disant : « Tu vois, le bricolage, c’est comme tes sketches : ça part dans tous les sens, mais au final, tout le monde adore. »
Et toi, cher lecteur, quel est ton pire souvenir de bricolage ?
Ah, Frédéric, tu viens de décrire ma vie entière en un seul dimanche !
Entre le chariot qui a une volonté propre, les vis qui disparaissent comme par magie et l’étagère qui finit en œuvre d’art abstrait, je me suis cru dans un épisode de Koh-Lanta version bricolage. Et bien sûr, le pire, c’est que la prochaine fois, on recommence… parce que « cette fois, ça va marcher » !
PS : Artus, si tu passes par ici, on t’attend pour un duel de montage d’étagères en direct. Le perdant offre la perceuse !