Palantir achète et revend vos données personnelles : Akim Omiri

Palantir : le géant invisible qui monétise votre vie privée

Imaginez un monde où une entreprise connaît vos déplacements, vos achats, vos relations, et même vos opinions politiques… sans que vous le sachiez. Ce monde existe, et il s’appelle Palantir. Fondée en 2003 par des proches de la CIA, comme Peter Thiel (cofondateur de PayPal), cette licorne de la big data a bâti son empire sur un principe simple : agréger, analyser et revendre des montagnes de données, souvent sans votre consentement.

Un modèle économique opaque

Officiellement, Palantir nie vendre des données personnelles. Sur son blog, l’entreprise martèle : « Nous ne collectons, ne stockons ni ne revendons les données de nos clients. » Pourtant, les faits contredisent ce discours. Aux États-Unis, Palantir a décroché des contrats juteux avec l’administration Trump pour centraliser les données des citoyens : Sécurité sociale, immigration, police, santé… Tout y passe. En 2025, un décret a même imposé le partage systématique des données entre agences fédérales, transformant Palantir en épine dorsale d’un système de surveillance de masse. Résultat ? Vos informations les plus sensibles – antécédents médicaux, historiques bancaires, localisations GPS – sont croisées, analysées, et potentiellement exploitées à des fins commerciales ou sécuritaires, sans contrôle démocratique.

En France, la collaboration de Palantir avec la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) soulève des questions brûlantes. Comment garantir que les données des Français ne finissent pas entre les mains de services américains ? La souveraineté numérique est en jeu, et Palantir, en sous-traitant pour des États, contourne les régulations européennes comme le RGPD.

Le piège des data brokers

Palantir n’est pas seul. Une armée de data brokers (courtiers en données) comme Experian ou Acxiom achète, trie et revend vos informations à des annonceurs, assureurs ou employeurs. Un clic sur un site, un formulaire en ligne, une application téléchargée… et vos données partent en voyage. Sans transparence, sans opt-out possible. Aux États-Unis, ces pratiques ont déjà conduit à des scandales, comme celui de Cambridge Analytica, où des données Facebook ont été utilisées pour manipuler des élections.

Que faire ?

Akim Omiri, avec son humour cinglant, aurait sans doute cette réplique : « On nous dit de protéger nos mots de passe, mais qui nous protège de ceux qui les achètent ? » La solution ? Exiger des lois plus strictes, soutenir les associations de défense des libertés numériques (comme la Quadrature du Net), et limiter notre exposition en utilisant des outils respectueux de la vie privée (navigateurs comme Brave, moteurs de recherche comme DuckDuckGo).

Palantir symbolise un capitalisme de la surveillance où votre vie devient un produit. À nous de décider si nous acceptons d’en être les cobayes… ou les résistants.

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