Fêtons les Rolande ! Le billet de Daniel Morin

Fêtons les Rolande : Quand la tradition devient délire

Il y a des traditions qui résistent au temps, aux modes, et même au bon sens. Parmi elles, les Rolande occupent une place de choix : ces fêtes de village où l’on célèbre… personne ne sait trop quoi, mais où l’on boit, on mange, et on danse comme si la fin du monde était pour demain. Ou pour hier, d’ailleurs, parce qu’après trois verres de pineau, le temps devient une notion bien relative.

Daniel Morin, dans son billet hilarant et percutant, a su capturer l’essence de ces événements où le délire collectif prend le pas sur la raison. Les Rolande, c’est un peu comme Noël, mais en plus local, en moins commercial, et avec une dose de folie purement charentaise (ou poitevine, ou bretagne, selon où vous posez votre verre). On y trouve des chars fleuris qui ressemblent à des œuvres d’art abstrait après une nuit blanche, des discours interminables prononcés par des maires aussi inspirés que des poivrots, et des concours de boules où la triche est une seconde nature.

Le programme type d’une Rolande

  1. Le défilé : Une procession de tracteurs décorés de guirlandes et de vieux drapeaux, avec des enfants perchés sur des remorques en criant « Vive les Rolande ! » (même s’ils ne savent pas ce que c’est).
  2. Le repas : Un méga-barbecue où la viande est carbonisée à point, accompagnée de salades tièdes et de vin rouge servi dans des gobelets en plastique. Le tout arrosé de « C’est bon pour la santé ! » par un oncle qui a déjà la voix pâteuse.
  3. Le bal : Une sono qui grésille, une playlist qui alterne entre Johnny Hallyday et les tubes des années 80, et une piste de danse où même la grand-tante Gertrude se trémousse sur « Ça (c’est vraiment toi) ».
  4. Le feu d’artifice : Trois fusées, deux pétards, et un « Oh ! » collectif quand le dernier feu s’éteint… 10 minutes avant l’heure prévue.

Pourquoi on adore ça ?

Parce que les Rolande, c’est l’anti-perfection. Dans un monde où tout est lissé, calculé, instagrammable, ces fêtes sont un souffle de liberté. Personne ne juge votre tenue (même si vous portez des chaussettes dans des sandales), personne ne compte les calories, et surtout, personne ne vous demande de « rester sérieux ». C’est le règne du n’importe quoi assumé, et c’est précisément ce qui en fait la magie.

Alors oui, les Rolande, c’est un peu n’importe quoi. Mais c’est notre n’importe quoi. Et comme le dit si bien Daniel Morin, si on ne peut plus délirer de temps en temps, à quoi bon vivre ?

Alors, prêt à fêter les Rolande ? (Et à regretter le lendemain.)

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