Si l’on en croit Wary Nichen, le tennis ne serait pas né d’une noble quête de dépassement de soi, mais bien d’un caprice de mauvais perdant. Imaginez la scène : un jour de 1873, un certain Major Walter Clopton Wingfield, excédé par une défaite cuisante au croquet, aurait décidé d’inventer un nouveau jeu où, cette fois, il pourrait enfin gagner. Ainsi naquit le tennis sur gazon, ou du moins, c’est la version que l’on pourrait prêter à l’histoire si l’on suit la logique implacable de l’humour absurde.
Le tennis, avec ses règles complexes, ses scores énigmatiques (15, 30, 40… pourquoi pas des chiffres ronds ?) et ses balles qui rebondissent de manière imprévisible, semble effectivement conçu pour frustrer les joueurs. Et si c’était là le but ? Un sport où même le serveur, censé avoir l’avantage, peut se faire breaker en un clin d’œil. Une invention diabolique pour que personne ne puisse jamais se reposer sur ses lauriers.
Wary Nichen, avec son style décalé, nous rappelle que l’histoire des sports est souvent plus cocasse qu’on ne le pense. Le tennis, sport élégant et exigeant, serait donc le fruit d’une vengeance post-croquet ? Pourquoi pas, après tout. Les grandes inventions naissent souvent d’un mélange de génie et de frustration. La roue ? Un charpentier en colère contre les pierres. L’ampoule ? Edison en avait marre de trébucher dans le noir. Alors le tennis, pourquoi pas l’œuvre d’un homme qui en avait assez de perdre ?
Et si l’on pousse la logique, le tie-break lui-même est une preuve supplémentaire : plutôt que de laisser un match s’éterniser, on invente une règle pour le conclure rapidement… et éviter que le perdant ne s’ennuie trop. Une forme de pitié envers ceux qui, comme le Major Wingfield, supportent mal la défaite.
Alors, la prochaine fois que vous raterez une volleée ou que vous enverrez une balle dans le filet, souvenez-vous : vous n’êtes pas mauvais, vous êtes simplement victime d’un sport conçu par un mauvais perdant. Et ça, c’est presque rassurant.