Sorti en 1969, « Poussez pas grand-père dans les cactus » est un film français réalisé par Jean-Claude Dague, aujourd’hui considéré comme l’un des nanars les plus mémorables du cinéma français. Avec un titre aussi évocateur qu’absurde, le film met en scène Francis Blanche, Darry Cowl, Michel Galabru et Marielle Goitschel dans une comédie déjantée, où l’absurdité et le burlesque règnent en maîtres.
Un synopsis aussi fou que le titre
L’histoire suit Alphonse Ramier (Francis Blanche), un homme timoré et soumis, maltraité par sa jeune épouse acariâtre (Marielle Goitschel). Excédé, il décide de quitter le foyer conjugal, vide son compte en banque et part s’amuser à Paris. Mais son aventure tourne au cauchemar : pris pour le sosie d’un truand américain, Al Gregor, il se retrouve pourchassé par la police, un tueur, et finit par atterrir dans un asile psychiatrique. Le film enchaîne les quiproquos, les courses-poursuites et les scènes surréalistes, le tout dans un style proche du burlesque muet, avec un Francis Blanche réduit à quelques borborygmes pour s’exprimer.
Un casting de légendes du nanar
Le film réunit certains des acteurs les plus emblématiques de la comédie française des années 1960-1970. Francis Blanche, star incontestée, incarne un Alphonse Ramier aussi pathétique que touchant. À ses côtés, Darry Cowl campe un psychiatre excentrique, Michel Galabru un inspecteur désabusé, et Marielle Goitschel, championne olympique de ski, surprend dans le rôle de l’épouse tyrannique. Le film est aussi l’occasion de voir Jean Carmet, Henri Virlojeux et Sébastien Floche dans des seconds rôles savoureux.
Un réalisateur au parcours atypique
Jean-Claude Dague, réalisateur du film, est une figure aussi fascinante que son œuvre. Ancien séminariste, baroudeur en Indochine et en Algérie, il se lance dans le cinéma avec des moyens limités. « Poussez pas grand-père dans les cactus » est son deuxième long-métrage, après un polar fauché (« Le Bal des voyous », 1968). Malgré un échec critique cuisant, le film trouve son public et devient culte, notamment pour son côté « so bad it’s good ». Dague continuera une carrière chaotique, marquée par des échecs, un passage en prison pour braquage, et une reconversion dans le milieu interlope avant de revenir au cinéma avec « Le Dénommé » (1988), inspiré de son expérience carcérale.
Un film culte malgré lui
Aujourd’hui, « Poussez pas grand-père dans les cactus » est célébré pour son absurdité, son manque total de cohérence et son audace à défier les codes du cinéma traditionnel. Les critiques de l’époque furent impitoyables, qualifiant le film de « grosse merde » ou de « nanar suprême ». Pourtant, c’est précisément cette folie qui en fait un objet de culte pour les amateurs de cinéma bis. Le film est rare à la télévision et en DVD, ce qui ajoute à son mystère et à son attrait pour les chasseurs de perles rares.
Pourquoi le voir aujourd’hui ?
Si vous aimez les films qui osent tout, même le pire, « Poussez pas grand-père dans les cactus » est une expérience à ne pas manquer. Entre burlesque raté, dialogues inexistants et intrigue ubuesque, le film est un voyage dans l’absurde, porté par des acteurs qui semblent eux-mêmes s’amuser de la folie du projet. Un nanar à savourer entre amis, avec un esprit ouvert et une bonne dose d’humour.
En résumé : « Poussez pas grand-père dans les cactus » est un ovni cinématographique, un nanar assumé qui mérite sa place dans l’histoire du cinéma français pour son audace, son casting mythique et son réalisateur hors norme. À découvrir absolument pour les amateurs de films cultes et décalés.