Les Ripoux : Philippe Noiret

Sorti en 1984, « Les Ripoux » de Claude Zidi est bien plus qu’une simple comédie policière : c’est un phénomène culturel, un film qui a marqué toute une génération et qui continue de faire rire, même quarante ans plus tard. Porté par le tandem explosif Philippe Noiret-Thierry Lhermitte, le film raconte l’histoire de René Boisrond, un inspecteur de police roué et désabusé, et de François Lesbuche, un jeune flic idéaliste et naïf, fraîchement sorti de l’école. Leur rencontre donne lieu à une série de quiproquos hilarants, de leçons de vie (ou de malhonnêteté) et de scènes cultes, le tout dans le décor pittoresque du 18e arrondissement de Paris.

Philippe Noiret : le ripou au grand cœur

Philippe Noiret, déjà star du cinéma français, incarne René avec une justesse et une humanité qui rendent le personnage inoubliable. Ce n’est pas un simple corrompu : c’est un flic qui a perdu ses illusions, mais qui fait régner un ordre à sa manière, entre petites combines et arrangements avec les truands du quartier. Noiret, avec son allure bonhomme, son cigare et sa veste en cuir, donne à René une épaisseur rare. Il défend son personnage avec tendresse : « C’est un ripou par la force des choses, parce qu’il n’a plus beaucoup d’illusions sur la nature humaine, mais il fait régner un ordre de bon aloi dans son quartier ».

Le succès du film est aussi celui de la complicité entre Noiret et Lhermitte. Leur duo, à la fois drôle et touchant, repose sur un contraste parfait : l’expérience cynique contre l’idéalisme juvénile. Les dialogues, signés Michel Fabre et Didier Kaminka, sont ciselés, et les répliques sont devenues des classiques du cinéma français. Qui n’a pas retenu la célèbre phrase : « Avec tout ce qui est interdit, on pourrait arrêter tout le monde ! » ?

Un succès populaire et critique

« Les Ripoux » est un triomphe : plus de 5,8 millions d’entrées, trois Césars en 1985 (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur montage), et une entrée dans le dictionnaire pour le mot « ripoux » – un exploit rare pour une comédie. Le film a même été projeté pendant des années à l’École des commissaires, preuve de son impact culturel.

Le tournage, lui aussi, est entré dans la légende. Les scènes du marché de Barbès, reconstitué sous le métro, ont mobilisé des centaines de figurants, et l’équipe s’est même fait voler tous les accessoires pendant le tournage – un comble pour un film sur les ripoux!

Un héritage durable

Le succès des « Ripoux » a donné lieu à deux suites (« Ripoux contre ripoux » en 1990 et « Ripoux 3 » en 2003), ainsi qu’à une déclinaison télévisée. Mais c’est le premier opus qui reste le plus emblématique, grâce à son mélange unique d’humour, de réalisme et d’humanité. Philippe Noiret, avec son talent et son charisme, a fait de René Boisrond un personnage intemporel, un anti-héros attachant qui continue de séduire le public.

En résumé, « Les Ripoux » est bien plus qu’un film : c’est une ode à la ruse, à la débrouille, et à l’art de vivre à la française. Un classique à voir et à revoir, pour le plaisir des dialogues, des acteurs, et de cette ambiance si particulière du Paris populaire des années 80.

Et vous, quel est votre moment préféré dans « Les Ripoux » ?

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