les pièges de l’auto dérision (chronique de Laélia Véron)
L’autodérision, souvent perçue comme une preuve d’humilité ou d’intelligence sociale, peut se révéler un piège subtil. Sous couvert de légèreté, elle cache parfois une autodépréciation insidieuse, normalisant des critiques que l’on n’accepterait jamais venues d’autrui. Laelia Veron le souligne : rire de soi peut devenir une armure fragile, masquant une vulnérabilité ou une peur du jugement.
À force de minimiser nos réussites ou nos traits de caractère, on finit par intérioriser ces moqueries. L’équilibre est délicat : l’autodérision libère quand elle reste occasionnelle et bienveillante, mais elle emprisonne dès qu’elle devient un réflexe de dévalorisation. Et si, derrière chaque trait d’humour sur nous-mêmes, se cachait une attente de validation ? Apprenons à distinguer la confidence complice de l’auto-sabotage déguisé. Car rire de soi, c’est bien ; s’aimer sans ironie, c’est mieux.
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