les gens que je hais
Les gens qui disent « On se fait un café ? » mais qui ne boivent que du thé
Il existe une catégorie d’individus particulièrement insupportables : ceux qui, avec un sourire en coin et une désinvolture déconcertante, vous proposent un café alors qu’ils savent pertinemment qu’ils ne boivent que du thé. Pire, ils vous regardent avec un air compatissant quand vous commandez un expresso serré, comme si vous veniez de choisir un vinyle alors que le monde entier écoute du streaming.
Ces êtres ambivalents, souvent vêtus de pulls en cachemire et armés de tasses « Keep Calm and Drink Tea », sont des traîtres sociaux. Ils vous attirent dans leur piège avec une fausse convivialité, puis vous abandonnent à votre sort devant la machine à café, seul face à votre choix cornélien entre un arabica trop fort et un déca qui goûte l’eau chaude. Pendant ce temps, ils sirotent leur Earl Grey en vous expliquant, avec la condescendance d’un sommelier, que « le thé, c’est bien plus subtil, tu sais ».
Mais le pire, c’est leur hypocrisie. Ils organisent des pauses café, mais transforment systématiquement ces moments en séances de dégustation de feuilles séchées. « Tu devrais essayer, c’est bien meilleur pour la santé », lancent-ils, comme si votre amour pour la caféine était une maladie honteuse. Et bien sûr, ils ont toujours une anecdote sur leur voyage au Sri Lanka où ils ont « découvert le vrai thé », comme si vous, pauvre buveur de café, n’aviez jamais quitté votre bureau.
Ces gens-là ne veulent pas partager un café. Ils veulent vous convertir. Ils sont les missionnaires d’une secte infusée, prêts à vous parler des notes florales de leur Darjeeling pendant que vous rêvez d’une dose de caféine capable de vous redonner foi en l’humanité.
Alors non, chers amateurs de thé, on ne se fera pas un café. On ira boire un café, seul ou entre vrais caffeine-addicts, loin de vos tasses fumantes et de vos sourires supérieurs. Et si un jour vous nous proposez à nouveau un « café », sachez qu’on vous haït. Pas profondément, non. Juste assez pour refuser poliment votre invitation et aller chercher notre double espresso ailleurs.
4 comments