le lourd bilan néocolonial de Lecornu

Depuis son arrivée à Matignon en septembre 2025, Sébastien Lecornu incarne une politique étrangère et intérieure souvent critiquée pour ses relents néocoloniaux. Ancien ministre des Armées, son passage à la tête du gouvernement a été marqué par des décisions controversées, notamment en matière de défense et de relations avec les anciennes colonies françaises. En tant que ministre des Outre-mer, il avait déjà suscité des tensions en Guadeloupe, où ses propositions d’autonomie étaient perçues comme une tentative de maintenir l’influence française sans véritable émancipation locale. Son refus de reconnaître pleinement les revendications indépendantistes et son approche centralisatrice ont alimenté les accusations de continuité néocoloniale.

À la tête du gouvernement, Lecornu a poursuivi une politique de fermeté envers les territoires ultramarins, tout en renforçant les exportations d’armes vers des zones de conflit, comme en Israël, malgré les accusations de violations des droits humains. Les révélations de Mediapart et Disclose sur les ventes d’armes françaises à Israël, qu’il a minimisées, soulignent une opacité persistante et un manque de transparence dans les choix stratégiques de la France. Par ailleurs, son soutien à des mesures sécuritaires et économiques jugées imposées depuis Paris a ravivé les critiques sur le traitement des anciennes colonies et des territoires d’outre-mer.

Sur le plan intérieur, son utilisation répétée du 49.3 pour faire adopter le budget 2026, malgré une opposition massive, reflète une gouvernance autoritaire, souvent perçue comme un héritage des pratiques postcoloniales. Les mouvements sociaux et les partis d’opposition dénoncent une politique qui perpétue les inégalités et marginalise les voix des populations ultramarines et issues de l’immigration.

En somme, le bilan de Lecornu s’inscrit dans une logique de contrôle et de domination, où les intérêts géopolitiques et économiques priment sur les aspirations locales. Son action interroge : la France a-t-elle vraiment tourné la page du colonialisme, ou en perpétue-t-elle les mécanismes sous une forme modernisée ?

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