histoire de la scie musicale (chronique de Constance)
L’histoire fascinante de la scie musicale : quand l’outil devient instrument
La scie musicale, cet objet insolite mi-outil mi-instrument, a une histoire aussi surprenante que son son cristallin. Originaire du XIXe siècle, elle est née d’une idée simple : détourner une scie à métaux pour en faire un instrument de musique. Son invention est souvent attribuée à des musiciens itinérants ou à des artisans ingénieux, qui découvrirent que, en pliant et en frottant une lame de scie avec un archet, on pouvait produire des notes mélodieuses et envoûtantes.
À l’origine, la scie musicale était utilisée dans les foires et les spectacles de rue, où son timbre unique captivait les foules. Elle connut un véritable essor au début du XXe siècle, notamment grâce aux orchestres de variétés et aux numéros de music-hall. Les artistes, comme la célèbre Marlene Dietrich, l’intégrèrent même à leurs performances, ajoutant une touche de mystère à leurs shows. Son utilisation dans des morceaux classiques ou populaires, comme The Sawing Song ou Singin’ in the Rain, a contribué à sa renommée.
Mais c’est dans les années 1920-1930 que la scie musicale devint un symbole de créativité. Des virtuoses, comme la Française Natalie Perrey, en firent un instrument à part entière, capable de rivaliser avec le violon ou le violoncelle. Son jeu délicat, où la lame est courbée en forme de S et frottée avec précision, demande une grande maîtrise. Le son, à la fois doux et perçant, évoque des paysages oniriques, ce qui lui valut une place dans les bandes originales de films et les compositions expérimentales.
Aujourd’hui, la scie musicale reste un objet de curiosité, utilisé par des musiciens éclectiques ou des artistes de cirque. Elle incarne l’esprit DIY (Do It Yourself) avant l’heure, prouvant que la musique peut naître des objets les plus inattendus. Des festivals lui sont même dédiés, comme celui de New York, où des passionnés se retrouvent pour célébrer cet instrument hors norme.
Si la scie musicale a perdu de sa popularité face aux instruments électroniques, elle continue de fasciner par son côté poétique et artisanal. Elle rappelle que la musique n’a pas besoin d’être sophistiquée pour émouvoir : parfois, il suffit d’une lame, d’un archet, et d’un peu d’audace.
Pour en savoir plus sur cet instrument méconnu, découvrez la chronique de Constance sur Mes Délires, où elle explore ses secrets et ses anecdotes les plus savoureuses.
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