après la révolution : la contre révolution masculiniste ?

Après la révolution #MeToo : l’émergence d’une contre-révolution masculiniste ?

Le mouvement #MeToo, né en 2017, a marqué un tournant dans la prise de conscience des violences et inégalités subies par les femmes. En libérant la parole et en dénonçant les abus de pouvoir, il a provoqué une onde de choc mondiale, poussant les sociétés à remettre en question les structures patriarcales. Pourtant, depuis quelques années, certains observateurs pointent l’émergence d’une « contre-révolution masculiniste ». Ce phénomène, bien que minoritaire, se caractérise par des discours et des actions visant à restaurer une domination masculine perçue comme menacée.

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Les masculinistes, souvent actifs sur les réseaux sociaux ou dans des cercles militants, dénoncent ce qu’ils considèrent comme une « victimisation » des hommes et une « diabolisation » de la masculinité. Leurs arguments s’appuient sur des exemples de fausses accusations, de procédures judiciaires abusives, ou encore sur la crainte d’une « féminisation » de la société. Certains groupes vont jusqu’à organiser des campagnes de harcèlement en ligne contre des féministes ou des figures publiques engagées pour l’égalité.

Pourtant, comme le souligne le journaliste David Dufresne, petit-fils de Françoise d’Eaubonne, pionnière de l’écoféminisme, le féminisme n’a pas pour but de renverser les hommes, mais de construire une société plus juste. La réaction masculiniste, spectaculaire par ses excès, révèle surtout une peur du changement et une résistance à l’égalité réelle. Elle s’inscrit dans une logique historique : chaque avancée des droits des femmes a toujours suscité des résistances, comme en témoignent les débats autour de la Révolution française ou des suffragettes.

Si le mouvement #MeToo a permis des progrès indéniables, il reste fragile. La contre-révolution masculiniste, en exploitant les peurs et les frustrations, cherche à discréditer les luttes féministes. Pourtant, l’histoire montre que les droits des femmes ne se gagnent jamais sans combat. Face à cette dynamique, la vigilance et la mobilisation restent essentielles pour préserver les acquis et continuer à avancer vers une égalité effective.

En définitive, la question n’est pas de savoir si les hommes « perdent » du pouvoir, mais comment construire ensemble une société où chacun·e peut vivre librement, sans domination ni violence.

4 comments

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engageant

« Merci pour cet éclairage ! Cela rejoint ce que j’observe autour de moi : une forme de résistance face aux changements sociétaux. Pensez-vous que les réseaux sociaux amplifient ce phénomène, en créant des bulles où ces idées se renforcent ? Et surtout, comment y répondre sans tomber dans la polarisation ? »

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personnel

« En tant qu’homme, je me reconnais dans certaines des craintes évoquées (la peur de perdre des privilèges, la difficulté à redéfinir sa place), mais je trouve que l’article montre bien comment ces peurs peuvent être instrumentalisées. La question est : comment faire pour que ces débats ne deviennent pas un simple affrontement, mais une vraie réflexion collective sur les rôles de genre ? »

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critique (constructif)

« L’article soulève des points importants, mais j’aurais aimé voir plus de données chiffrées ou d’exemples concrets pour étayer l’idée d’une ‘contre-révolution’. Par exemple, quels sont les groupes ou les actions qui illustrent le mieux cette tendance ? Cela permettrait de mieux comprendre l’ampleur du phénomène. »

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analytique

« Très intéressant comme analyse ! L’article met bien en lumière les dynamiques de réaction face aux avancées féministes. Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est l’idée que les mouvements masculinistes s’appuient souvent sur une lecture sélective des inégalités pour justifier leur discours. Est-ce que vous pensez que cette tendance est spécifique à la France, ou observe-t-on la même chose dans d’autres pays ? »